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		<title>Premier Regard</title>
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		<copyright>Hugo Noirtault</copyright>
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		<itunes:author>Premier Regard </itunes:author>
		<itunes:subtitle><![CDATA[L'info que vous n'avez pas vue]]></itunes:subtitle>
		<itunes:summary><![CDATA[Découvrez une autre facette de l’actualité. Premier Regard montre ce qui reste hors champ : enquêtes inédites, scandales méconnus, informations passées sous silence. Chaque épisode décortique une histoire cachée à l'ombre des gros titres. Parce qu'il 'y a toujours plusieurs versions pour une même histoire.<hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></itunes:summary>
		<description><![CDATA[Découvrez une autre facette de l’actualité. Premier Regard montre ce qui reste hors champ : enquêtes inédites, scandales méconnus, informations passées sous silence. Chaque épisode décortique une histoire cachée à l'ombre des gros titres. Parce qu'il 'y a toujours plusieurs versions pour une même histoire.<hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></description>
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			<title><![CDATA[Danny Bones, le rappeur IA de l'extrême droite anglaise]]></title>
			<itunes:title><![CDATA[Danny Bones, le rappeur IA de l'extrême droite anglaise]]></itunes:title>
			<pubDate>Tue, 31 Mar 2026 17:00:00 GMT</pubDate>
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			<itunes:subtitle>La puissance de frappe de ce personnage est énorme sur internet.</itunes:subtitle>
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			<description><![CDATA[<p>Il s’appelle Danny Bones. C’est, en apparence, un rappeur britannique issu des classes populaires, en pleine ascension sur les réseaux sociaux. Ses morceaux cumulent des millions de vues. Il parle d’immigration, d’identité nationale, d’un Royaume-Uni qu’il présente comme brisé. Dans ses textes, il accuse ses adversaires de vouloir effacer l’héritage culturel du pays. Son univers met en scène un patriotisme agressif, des appels à la déportation de masse, et une rhétorique très proche de l’extrême droite. Sauf que Danny Bones n’existe pas.</p><br><p>Derrière ce personnage se cache une création générée par intelligence artificielle. Une identité fictive conçue par un collectif anonyme baptisé le Node Project. Et selon une enquête, ce faux rappeur a franchi une étape supplémentaire : une partie de son contenu a été réutilisée dans la campagne électorale récente du parti britannique d’extrême droite Advance UK, qui aurait rémunéré le Node Project pour produire sa principale vidéo de campagne.</p><br><p>L’affaire est prise suffisamment au sérieux pour avoir été signalée à la commission électorale britannique. Celle-ci a indiqué examiner les informations dans le cadre de ses compétences. Dans le même temps, TikTok a bloqué le compte du Node Project et Instagram a supprimé plusieurs vidéos liées à Danny Bones. Pour Matteo Bergamini, qui dirige l’organisation Shout Out UK, spécialisée dans l’éducation aux médias et au politique, il s’agirait du premier cas documenté au Royaume-Uni d’un parti enregistré payant du contenu produit par un influenceur entièrement généré par IA et diffusant ce qu’il appelle de la « slopaganda », autrement dit, une propagande de masse fabriquée rapidement, à bas coût, et saturant l’espace numérique.</p><br><p>Le contenu de Danny Bones, lui, suit une ligne claire. Ses chansons parlent de mondialisation, de fiscalité, de pauvreté, mais surtout d’immigration. L’un de ses titres, sorti fin janvier, présente l’immigration comme le produit d’un complot organisé. Ses quatre morceaux ont dépassé les 250 000 écoutes sur Spotify, et <em>This Is England</em> a plus que doublé son audience en un mois. Découpés en formats courts sur YouTube, TikTok et Instagram, ces contenus totalisent plus de 2,7 millions de vues, puis sont repris par d’autres comptes. En parallèle, les comptes liés à Danny Bones repartagent des figures de l’extrême droite britannique comme Tommy Robinson ou Rupert Lowe. Son compte certifié sur X soutient ouvertement le nouveau parti Restore Britain et évoque même une possible fusion avec Advance UK.</p><br><p>À l’oreille non avertie, Danny Bones peut sembler crédible. Sa voix paraît humaine, la production musicale est soignée, et l’ensemble est suffisamment cohérent pour tromper une partie du public. Pourtant, selon les spécialistes, produire ce type de contenu est devenu très simple. Avec des outils d’IA accessibles au grand public, il est possible de générer en quelques minutes des morceaux comparables. Avant cela, fabriquer un tel univers aurait demandé des mois. C’est là que réside le vrai enjeu. Pour des chercheurs du Alan Turing Institute, la musique joue depuis longtemps un rôle central dans la structuration de l’extrême droite : elle crée une culture commune, de la confiance, un sentiment d’appartenance. Or l’audio reste l’un des formats les plus difficiles à modérer efficacement, alors même que les équipes de modération et de sécurité diminuent dans de nombreuses plateformes.</p><br><p>Quant au Node Project lui-même, il reste opaque. Il dit n’être lié à aucun mouvement ou organisation. Reste une question centrale : s’agit-il d’un projet idéologique, d’une opération commerciale, ou des deux ? Matteo Bergamini parle d’« économie de la haine » : un système où les contenus inflammatoires génèrent à la fois influence et revenus. Et à l’approche des prochaines élections générales, une autre interrogation émerge : cette expérimentation n’est-elle qu’un début </p><hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></description>
			<itunes:summary><![CDATA[<p>Il s’appelle Danny Bones. C’est, en apparence, un rappeur britannique issu des classes populaires, en pleine ascension sur les réseaux sociaux. Ses morceaux cumulent des millions de vues. Il parle d’immigration, d’identité nationale, d’un Royaume-Uni qu’il présente comme brisé. Dans ses textes, il accuse ses adversaires de vouloir effacer l’héritage culturel du pays. Son univers met en scène un patriotisme agressif, des appels à la déportation de masse, et une rhétorique très proche de l’extrême droite. Sauf que Danny Bones n’existe pas.</p><br><p>Derrière ce personnage se cache une création générée par intelligence artificielle. Une identité fictive conçue par un collectif anonyme baptisé le Node Project. Et selon une enquête, ce faux rappeur a franchi une étape supplémentaire : une partie de son contenu a été réutilisée dans la campagne électorale récente du parti britannique d’extrême droite Advance UK, qui aurait rémunéré le Node Project pour produire sa principale vidéo de campagne.</p><br><p>L’affaire est prise suffisamment au sérieux pour avoir été signalée à la commission électorale britannique. Celle-ci a indiqué examiner les informations dans le cadre de ses compétences. Dans le même temps, TikTok a bloqué le compte du Node Project et Instagram a supprimé plusieurs vidéos liées à Danny Bones. Pour Matteo Bergamini, qui dirige l’organisation Shout Out UK, spécialisée dans l’éducation aux médias et au politique, il s’agirait du premier cas documenté au Royaume-Uni d’un parti enregistré payant du contenu produit par un influenceur entièrement généré par IA et diffusant ce qu’il appelle de la « slopaganda », autrement dit, une propagande de masse fabriquée rapidement, à bas coût, et saturant l’espace numérique.</p><br><p>Le contenu de Danny Bones, lui, suit une ligne claire. Ses chansons parlent de mondialisation, de fiscalité, de pauvreté, mais surtout d’immigration. L’un de ses titres, sorti fin janvier, présente l’immigration comme le produit d’un complot organisé. Ses quatre morceaux ont dépassé les 250 000 écoutes sur Spotify, et <em>This Is England</em> a plus que doublé son audience en un mois. Découpés en formats courts sur YouTube, TikTok et Instagram, ces contenus totalisent plus de 2,7 millions de vues, puis sont repris par d’autres comptes. En parallèle, les comptes liés à Danny Bones repartagent des figures de l’extrême droite britannique comme Tommy Robinson ou Rupert Lowe. Son compte certifié sur X soutient ouvertement le nouveau parti Restore Britain et évoque même une possible fusion avec Advance UK.</p><br><p>À l’oreille non avertie, Danny Bones peut sembler crédible. Sa voix paraît humaine, la production musicale est soignée, et l’ensemble est suffisamment cohérent pour tromper une partie du public. Pourtant, selon les spécialistes, produire ce type de contenu est devenu très simple. Avec des outils d’IA accessibles au grand public, il est possible de générer en quelques minutes des morceaux comparables. Avant cela, fabriquer un tel univers aurait demandé des mois. C’est là que réside le vrai enjeu. Pour des chercheurs du Alan Turing Institute, la musique joue depuis longtemps un rôle central dans la structuration de l’extrême droite : elle crée une culture commune, de la confiance, un sentiment d’appartenance. Or l’audio reste l’un des formats les plus difficiles à modérer efficacement, alors même que les équipes de modération et de sécurité diminuent dans de nombreuses plateformes.</p><br><p>Quant au Node Project lui-même, il reste opaque. Il dit n’être lié à aucun mouvement ou organisation. Reste une question centrale : s’agit-il d’un projet idéologique, d’une opération commerciale, ou des deux ? Matteo Bergamini parle d’« économie de la haine » : un système où les contenus inflammatoires génèrent à la fois influence et revenus. Et à l’approche des prochaines élections générales, une autre interrogation émerge : cette expérimentation n’est-elle qu’un début </p><hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></itunes:summary>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[OCDE s'attaque (enfin) à l'évasion fiscale ? ]]></title>
			<itunes:title><![CDATA[OCDE s'attaque (enfin) à l'évasion fiscale ? ]]></itunes:title>
			<pubDate>Tue, 24 Mar 2026 18:00:00 GMT</pubDate>
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			<itunes:subtitle><![CDATA[L'organisation dresse un bilan, 10 ans après les premières mesures.]]></itunes:subtitle>
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			<description><![CDATA[<p>En 2015, une initiative majeure voit le jour sur la scène internationale. Les pays de l’OCDE, avec le soutien du G20, lancent un plan d’action contre ce que l’on appelle l’érosion de la base fiscale et le transfert de bénéfices — en anglais&nbsp;<em>Base Erosion and Profit Shifting</em>, ou BEPS. L’objectif est clair : limiter les stratégies d’évitement fiscal des multinationales, qui se sont fortement développées avec la mondialisation. Car depuis plusieurs décennies, de nombreuses entreprises internationales exploitent les failles du système fiscal mondial. Elles jouent des différences entre les législations nationales pour réduire leur imposition. Le mécanisme est souvent technique, mais il repose sur une idée simple : localiser les profits là où les impôts sont les plus faibles.</p><br><p>Parmi les outils utilisés, les prix de transfert occupent une place centrale. Il s’agit de transactions internes à un même groupe, entre filiales situées dans différents pays. Une entreprise peut ainsi facturer une prestation à une autre entité du groupe à un prix ajusté, afin de déplacer artificiellement les bénéfices vers une juridiction plus avantageuse sur le plan fiscal. Face à ces pratiques, le plan BEPS entend instaurer plus de transparence et mieux encadrer ces stratégies. Dix ans plus tard, la question se pose : ces mesures ont-elles réellement produit les effets attendus ?</p><br><p>Les premières évaluations dressent un constat nuancé. À l’échelle globale, une étude menée par des économistes montre que l’évitement fiscal international n’a pas significativement reculé dans les années qui ont suivi la réforme. Entre 2015 et 2019, les profits des multinationales ont continué à croître plus rapidement que ceux de l’économie mondiale. Dans le même temps, la part des bénéfices localisés dans des territoires à fiscalité très faible est restée stable, autour de 37 %. Quant aux pertes fiscales associées à ces pratiques, elles auraient même légèrement augmenté, passant de 9 à 10 % des recettes fiscales mondiales.</p><br><p>Un autre dispositif clé du plan BEPS est le&nbsp;<em>Country by Country Reporting</em>, ou déclaration pays par pays. Il impose aux grandes entreprises de détailler la répartition de leurs profits et de leurs activités à travers le monde. Selon une étude, cette obligation de transparence a entraîné des changements dans l’organisation des entreprises, avec des transferts réels d’investissements et d’emplois vers des juridictions fiscalement attractives. Ces résultats convergent vers une idée importante : les incitations fiscales n’ont pas disparu. Elles ont simplement modifié les comportements, en incitant les entreprises à combiner optimisation fiscale et présence économique plus tangible.</p><br><p>Mais une autre dynamique, plus discrète, apparaît dans les analyses récentes. Dans un travail de recherche consacré à cette question, des économistes avancent que les pratiques d’optimisation fiscale se seraient partiellement déplacées vers des entreprises de taille intermédiaire. Le plan BEPS cible en priorité les grandes multinationales. Il fixe notamment un seuil de 750 millions d’euros de chiffre d’affaires consolidé au-delà duquel les obligations de reporting deviennent contraignantes. Les entreprises en dessous de ce seuil sont soumises à des exigences plus limitées. Après 2015, certaines entreprises de taille moyenne auraient renforcé leur présence dans des juridictions à fiscalité avantageuse. Cette évolution s’expliquerait par la réduction des incertitudes juridiques et des coûts liés à ces stratégies, grâce à la standardisation introduite par le plan BEPS.</p><hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></description>
			<itunes:summary><![CDATA[<p>En 2015, une initiative majeure voit le jour sur la scène internationale. Les pays de l’OCDE, avec le soutien du G20, lancent un plan d’action contre ce que l’on appelle l’érosion de la base fiscale et le transfert de bénéfices — en anglais&nbsp;<em>Base Erosion and Profit Shifting</em>, ou BEPS. L’objectif est clair : limiter les stratégies d’évitement fiscal des multinationales, qui se sont fortement développées avec la mondialisation. Car depuis plusieurs décennies, de nombreuses entreprises internationales exploitent les failles du système fiscal mondial. Elles jouent des différences entre les législations nationales pour réduire leur imposition. Le mécanisme est souvent technique, mais il repose sur une idée simple : localiser les profits là où les impôts sont les plus faibles.</p><br><p>Parmi les outils utilisés, les prix de transfert occupent une place centrale. Il s’agit de transactions internes à un même groupe, entre filiales situées dans différents pays. Une entreprise peut ainsi facturer une prestation à une autre entité du groupe à un prix ajusté, afin de déplacer artificiellement les bénéfices vers une juridiction plus avantageuse sur le plan fiscal. Face à ces pratiques, le plan BEPS entend instaurer plus de transparence et mieux encadrer ces stratégies. Dix ans plus tard, la question se pose : ces mesures ont-elles réellement produit les effets attendus ?</p><br><p>Les premières évaluations dressent un constat nuancé. À l’échelle globale, une étude menée par des économistes montre que l’évitement fiscal international n’a pas significativement reculé dans les années qui ont suivi la réforme. Entre 2015 et 2019, les profits des multinationales ont continué à croître plus rapidement que ceux de l’économie mondiale. Dans le même temps, la part des bénéfices localisés dans des territoires à fiscalité très faible est restée stable, autour de 37 %. Quant aux pertes fiscales associées à ces pratiques, elles auraient même légèrement augmenté, passant de 9 à 10 % des recettes fiscales mondiales.</p><br><p>Un autre dispositif clé du plan BEPS est le&nbsp;<em>Country by Country Reporting</em>, ou déclaration pays par pays. Il impose aux grandes entreprises de détailler la répartition de leurs profits et de leurs activités à travers le monde. Selon une étude, cette obligation de transparence a entraîné des changements dans l’organisation des entreprises, avec des transferts réels d’investissements et d’emplois vers des juridictions fiscalement attractives. Ces résultats convergent vers une idée importante : les incitations fiscales n’ont pas disparu. Elles ont simplement modifié les comportements, en incitant les entreprises à combiner optimisation fiscale et présence économique plus tangible.</p><br><p>Mais une autre dynamique, plus discrète, apparaît dans les analyses récentes. Dans un travail de recherche consacré à cette question, des économistes avancent que les pratiques d’optimisation fiscale se seraient partiellement déplacées vers des entreprises de taille intermédiaire. Le plan BEPS cible en priorité les grandes multinationales. Il fixe notamment un seuil de 750 millions d’euros de chiffre d’affaires consolidé au-delà duquel les obligations de reporting deviennent contraignantes. Les entreprises en dessous de ce seuil sont soumises à des exigences plus limitées. Après 2015, certaines entreprises de taille moyenne auraient renforcé leur présence dans des juridictions à fiscalité avantageuse. Cette évolution s’expliquerait par la réduction des incertitudes juridiques et des coûts liés à ces stratégies, grâce à la standardisation introduite par le plan BEPS.</p><hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></itunes:summary>
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			<title>Próspera, la cité-entreprise rêvée par les grandes fortunes</title>
			<itunes:title>Próspera, la cité-entreprise rêvée par les grandes fortunes</itunes:title>
			<pubDate>Sun, 22 Mar 2026 18:00:00 GMT</pubDate>
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			<itunes:subtitle><![CDATA[Aucune loi ni fiscalité classique de s'y applique.]]></itunes:subtitle>
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			<description><![CDATA[<p>Au large du Honduras, sur l’île de Roatán, un projet atypique concentre aujourd’hui les tensions entre économie, politique et souveraineté. Son nom : Próspera. Une « ville-entreprise » fondée en 2017, pensée pour attirer les capitaux étrangers, et présentée comme un laboratoire d’ultralibéralisme. Mais derrière la promesse d’innovation, une question s’impose : jusqu’où un État peut-il céder son autorité ?</p><br><p>Pour comprendre, il faut replacer ce projet dans un contexte plus large. Ces dernières années, l’actualité latino-américaine a été marquée par des événements spectaculaires, parfois contradictoires. D’un côté, les États-Unis ont accusé le président vénézuélien Nicolas Maduro de narcotrafic ; de l’autre, Donald Trump a gracié l’ancien président hondurien Juan Orlando Hernández, condamné pour trafic de drogue en 2024. Ces épisodes, en apparence disjoints, s’inscrivent en réalité dans une dynamique géopolitique plus profonde. Le Honduras occupe une position stratégique en Amérique centrale. Dans les années 1980, il servait déjà de base arrière aux opérations américaines contre le Nicaragua. Plus récemment, il est devenu un point d’appui pour les politiques migratoires américaines et les stratégies d’influence dans la région.</p><br><p>Concrètement, cette ville-entreprise dispose d’une autonomie très large. Elle peut fixer un taux d’imposition extrêmement faible, autour de 1 % pour les entreprises, contre environ 25 % au niveau national. Les litiges sont tranchés par arbitrage privé, et non par les tribunaux honduriens. Elle peut aussi choisir d’appliquer des règles inspirées de différents systèmes juridiques à travers le monde, voire en créer de nouvelles. Pour y résider, il faut payer environ 1 000 dollars. Les recettes fiscales sont réinvesties uniquement dans la zone. Aujourd’hui, plus de deux cents entreprises y sont enregistrées, souvent dans des secteurs comme les cryptomonnaies, mais une grande partie de ces activités reste virtuelle. Sur le terrain, le projet reste limité. Un seul immeuble résidentiel a été construit, alors que les ambitions initiales prévoyaient des dizaines de milliers d’habitants d’ici 2030. Des projets sont annoncés : usine de maisons modulaires, centre éducatif autour du Bitcoin, clinique spécialisée en génétique, ou encore services par drones. Mais cette expansion suscite des inquiétudes. Des habitants dénoncent des risques d’expropriation et une marginalisation des communautés locales, notamment autour de la zone de Crawfish Rock, une communauté afro-caribéenne historique. Les tensions portent aussi sur l’accès aux ressources, comme l’eau ou le littoral. Au-delà du cas hondurien, une étude souligne que ces projets traduisent une transformation plus large des rapports entre capital et souveraineté. Des entrepreneurs issus du monde technologique défendent l’idée de territoires gouvernés selon des logiques économiques optimisées, parfois en dehors des cadres étatiques traditionnels.</p><br><p>Próspera se présente aussi comme un laboratoire pour des secteurs émergents, finance numérique, biotechnologie, technologies liées à la longévité, avec un encadrement public limité. Un modèle qui attire certains investisseurs, mais qui interroge sur ses implications à long terme. Au fond, Próspera dépasse largement le cadre d’un simple projet urbain. C’est un exemple d’un phénomène plus large : la multiplication de zones économiques spéciales, d’enclaves et de territoires d’exception qui redessinent les contours du capitalisme mondial. Une transformation encore en cours, dont les conséquences politiques, sociales et démocratiques restent ouvertes, et profondément débattues.</p><hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></description>
			<itunes:summary><![CDATA[<p>Au large du Honduras, sur l’île de Roatán, un projet atypique concentre aujourd’hui les tensions entre économie, politique et souveraineté. Son nom : Próspera. Une « ville-entreprise » fondée en 2017, pensée pour attirer les capitaux étrangers, et présentée comme un laboratoire d’ultralibéralisme. Mais derrière la promesse d’innovation, une question s’impose : jusqu’où un État peut-il céder son autorité ?</p><br><p>Pour comprendre, il faut replacer ce projet dans un contexte plus large. Ces dernières années, l’actualité latino-américaine a été marquée par des événements spectaculaires, parfois contradictoires. D’un côté, les États-Unis ont accusé le président vénézuélien Nicolas Maduro de narcotrafic ; de l’autre, Donald Trump a gracié l’ancien président hondurien Juan Orlando Hernández, condamné pour trafic de drogue en 2024. Ces épisodes, en apparence disjoints, s’inscrivent en réalité dans une dynamique géopolitique plus profonde. Le Honduras occupe une position stratégique en Amérique centrale. Dans les années 1980, il servait déjà de base arrière aux opérations américaines contre le Nicaragua. Plus récemment, il est devenu un point d’appui pour les politiques migratoires américaines et les stratégies d’influence dans la région.</p><br><p>Concrètement, cette ville-entreprise dispose d’une autonomie très large. Elle peut fixer un taux d’imposition extrêmement faible, autour de 1 % pour les entreprises, contre environ 25 % au niveau national. Les litiges sont tranchés par arbitrage privé, et non par les tribunaux honduriens. Elle peut aussi choisir d’appliquer des règles inspirées de différents systèmes juridiques à travers le monde, voire en créer de nouvelles. Pour y résider, il faut payer environ 1 000 dollars. Les recettes fiscales sont réinvesties uniquement dans la zone. Aujourd’hui, plus de deux cents entreprises y sont enregistrées, souvent dans des secteurs comme les cryptomonnaies, mais une grande partie de ces activités reste virtuelle. Sur le terrain, le projet reste limité. Un seul immeuble résidentiel a été construit, alors que les ambitions initiales prévoyaient des dizaines de milliers d’habitants d’ici 2030. Des projets sont annoncés : usine de maisons modulaires, centre éducatif autour du Bitcoin, clinique spécialisée en génétique, ou encore services par drones. Mais cette expansion suscite des inquiétudes. Des habitants dénoncent des risques d’expropriation et une marginalisation des communautés locales, notamment autour de la zone de Crawfish Rock, une communauté afro-caribéenne historique. Les tensions portent aussi sur l’accès aux ressources, comme l’eau ou le littoral. Au-delà du cas hondurien, une étude souligne que ces projets traduisent une transformation plus large des rapports entre capital et souveraineté. Des entrepreneurs issus du monde technologique défendent l’idée de territoires gouvernés selon des logiques économiques optimisées, parfois en dehors des cadres étatiques traditionnels.</p><br><p>Próspera se présente aussi comme un laboratoire pour des secteurs émergents, finance numérique, biotechnologie, technologies liées à la longévité, avec un encadrement public limité. Un modèle qui attire certains investisseurs, mais qui interroge sur ses implications à long terme. Au fond, Próspera dépasse largement le cadre d’un simple projet urbain. C’est un exemple d’un phénomène plus large : la multiplication de zones économiques spéciales, d’enclaves et de territoires d’exception qui redessinent les contours du capitalisme mondial. Une transformation encore en cours, dont les conséquences politiques, sociales et démocratiques restent ouvertes, et profondément débattues.</p><hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></itunes:summary>
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			<title><![CDATA[Des corbeaux s'attaquent aux casquettes de Trump ?]]></title>
			<itunes:title><![CDATA[Des corbeaux s'attaquent aux casquettes de Trump ?]]></itunes:title>
			<pubDate>Tue, 17 Mar 2026 18:00:00 GMT</pubDate>
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			<itunes:subtitle>Une expérience a montré les corbeaux pouvaient cibler précisément les casquettes MAGA.</itunes:subtitle>
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			<description><![CDATA[<p>Depuis près d’une décennie, une casquette rouge est devenue l’un des symboles politiques les plus reconnaissables aux États-Unis. La fameuse casquette « Make America Great Again », souvent appelée MAGA, est associée au mouvement politique de Donald Trump. Pour ses partisans, elle représente un signe de ralliement. Pour ses opposants, elle incarne au contraire un programme jugé rétrograde, parfois comparé à d’autres symboles historiques de divisions politiques dans le pays.</p><br><p>Mais ces derniers mois, alors que les sondages concernant la présidence de Donald Trump continuent de reculer et qu’une majorité d’Américains jugent négativement la première année de son second mandat, une partie de l’opposition a trouvé des moyens originaux d’exprimer son rejet du mouvement MAGA. L’un des exemples les plus inattendus vient d’un internaute américain qui se présente sous le pseudonyme « biz_dave ». Sur les réseaux sociaux, cet homme affirme avoir réussi une expérience pour le moins singulière : entraîner des corbeaux sauvages à retirer des casquettes MAGA. Dans plusieurs publications diffusées sur la plateforme Threads, il raconte avoir mené un entraînement progressif pendant plusieurs mois. L’idée est simple : associer la présence d’un objet — en l’occurrence une casquette rouge — à une récompense alimentaire. Pour cela, il commence par déposer différentes friandises sous une casquette : cacahuètes, restes de poulet, vers de farine ou croquettes pour chiens.</p><br><p>Selon ses propres explications, il lui a fallu environ quatre mois pour que les corbeaux s’habituent à venir régulièrement se nourrir au même endroit. Une fois cette habitude installée, il lui aurait fallu environ trois mois supplémentaires pour que les oiseaux apprennent à retirer la casquette afin d’accéder à la nourriture. Des vidéos qu’il a publiées montrent les oiseaux descendre, déplacer la casquette rouge et récupérer les aliments placés en dessous. L’auteur de l’expérience précise que son objectif n’était pas d’attaquer des personnes. Les oiseaux, explique-t-il, ne réagissent qu’à l’objet associé à la nourriture.</p><br><p>Pour parvenir à ce résultat, il décrit une méthode d’apprentissage progressive. D’abord, il met en place un point de nourrissage stable afin d’établir une relation de confiance avec les corbeaux. Ensuite, il introduit des défis simples : par exemple des contenants que les oiseaux doivent manipuler pour accéder à la nourriture. Une fois cette étape franchie, il remplace les contenants transparents par un récipient rouge muni d’un anneau métallique que les corbeaux doivent soulever. Selon lui, ce dispositif reproduit le poids et le geste nécessaires pour retirer une casquette. Une fois les oiseaux habitués à cette manipulation, il fixe des anneaux similaires sur une véritable casquette rouge. Les corbeaux finissent alors par la retirer en moins de deux minutes. Cette expérience a rapidement attiré l’attention en ligne. Les publications de « biz_dave » ont accumulé des millions de vues et suscité des milliers de réactions. Certains internautes saluent l’ingéniosité de l’expérience et l’intelligence des oiseaux. D’autres, au contraire, s’inquiètent des implications éthiques. Car les corbeaux sont connus pour leurs capacités cognitives exceptionnelles.</p><br><p>Au-delà de l’anecdote, cet épisode illustre un phénomène plus large : l’influence des réseaux sociaux sur la diffusion d’expériences amateurs impliquant des animaux. Des vidéos montrant des corbeaux échangeant des pièces de monnaie contre de la nourriture ou réalisant d’autres tâches circulent régulièrement sur Internet.</p><p>Ces contenus reflètent à la fois la fascination du public pour l’intelligence animale et le risque de transformer des expériences improvisées en spectacles viraux</p><p>Dans ce cas précis, la présence d’un symbole politique aussi chargé que la casquette MAGA a amplifié encore davantage la controverse. Elle soulève une question plus large : jusqu’où les animaux doivent-ils être impliqués dans les débats humains ?</p><hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></description>
			<itunes:summary><![CDATA[<p>Depuis près d’une décennie, une casquette rouge est devenue l’un des symboles politiques les plus reconnaissables aux États-Unis. La fameuse casquette « Make America Great Again », souvent appelée MAGA, est associée au mouvement politique de Donald Trump. Pour ses partisans, elle représente un signe de ralliement. Pour ses opposants, elle incarne au contraire un programme jugé rétrograde, parfois comparé à d’autres symboles historiques de divisions politiques dans le pays.</p><br><p>Mais ces derniers mois, alors que les sondages concernant la présidence de Donald Trump continuent de reculer et qu’une majorité d’Américains jugent négativement la première année de son second mandat, une partie de l’opposition a trouvé des moyens originaux d’exprimer son rejet du mouvement MAGA. L’un des exemples les plus inattendus vient d’un internaute américain qui se présente sous le pseudonyme « biz_dave ». Sur les réseaux sociaux, cet homme affirme avoir réussi une expérience pour le moins singulière : entraîner des corbeaux sauvages à retirer des casquettes MAGA. Dans plusieurs publications diffusées sur la plateforme Threads, il raconte avoir mené un entraînement progressif pendant plusieurs mois. L’idée est simple : associer la présence d’un objet — en l’occurrence une casquette rouge — à une récompense alimentaire. Pour cela, il commence par déposer différentes friandises sous une casquette : cacahuètes, restes de poulet, vers de farine ou croquettes pour chiens.</p><br><p>Selon ses propres explications, il lui a fallu environ quatre mois pour que les corbeaux s’habituent à venir régulièrement se nourrir au même endroit. Une fois cette habitude installée, il lui aurait fallu environ trois mois supplémentaires pour que les oiseaux apprennent à retirer la casquette afin d’accéder à la nourriture. Des vidéos qu’il a publiées montrent les oiseaux descendre, déplacer la casquette rouge et récupérer les aliments placés en dessous. L’auteur de l’expérience précise que son objectif n’était pas d’attaquer des personnes. Les oiseaux, explique-t-il, ne réagissent qu’à l’objet associé à la nourriture.</p><br><p>Pour parvenir à ce résultat, il décrit une méthode d’apprentissage progressive. D’abord, il met en place un point de nourrissage stable afin d’établir une relation de confiance avec les corbeaux. Ensuite, il introduit des défis simples : par exemple des contenants que les oiseaux doivent manipuler pour accéder à la nourriture. Une fois cette étape franchie, il remplace les contenants transparents par un récipient rouge muni d’un anneau métallique que les corbeaux doivent soulever. Selon lui, ce dispositif reproduit le poids et le geste nécessaires pour retirer une casquette. Une fois les oiseaux habitués à cette manipulation, il fixe des anneaux similaires sur une véritable casquette rouge. Les corbeaux finissent alors par la retirer en moins de deux minutes. Cette expérience a rapidement attiré l’attention en ligne. Les publications de « biz_dave » ont accumulé des millions de vues et suscité des milliers de réactions. Certains internautes saluent l’ingéniosité de l’expérience et l’intelligence des oiseaux. D’autres, au contraire, s’inquiètent des implications éthiques. Car les corbeaux sont connus pour leurs capacités cognitives exceptionnelles.</p><br><p>Au-delà de l’anecdote, cet épisode illustre un phénomène plus large : l’influence des réseaux sociaux sur la diffusion d’expériences amateurs impliquant des animaux. Des vidéos montrant des corbeaux échangeant des pièces de monnaie contre de la nourriture ou réalisant d’autres tâches circulent régulièrement sur Internet.</p><p>Ces contenus reflètent à la fois la fascination du public pour l’intelligence animale et le risque de transformer des expériences improvisées en spectacles viraux</p><p>Dans ce cas précis, la présence d’un symbole politique aussi chargé que la casquette MAGA a amplifié encore davantage la controverse. Elle soulève une question plus large : jusqu’où les animaux doivent-ils être impliqués dans les débats humains ?</p><hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></itunes:summary>
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			<title>Quand Neuralink change la vie des handicapés</title>
			<itunes:title>Quand Neuralink change la vie des handicapés</itunes:title>
			<pubDate>Sun, 15 Mar 2026 18:00:00 GMT</pubDate>
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			<itunes:subtitle>Pour certains patients, cette technologie chamboule leur quotidien.</itunes:subtitle>
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			<description><![CDATA[<p>En février 2024, un homme s’avance devant les salariés de Neuralink, l’entreprise d’Elon Musk spécialisée dans les interfaces cerveau-ordinateur. Il s’appelle Noland Arbaugh. Et il devient ce jour-là une figure historique : la première personne au monde à avoir reçu l’implant cérébral expérimental développé par la société. Huit ans plus tôt, en 2016, Noland Arbaugh a perdu l’usage de son corps à la suite d’un accident de plongée qui lui a déplacé deux vertèbres cervicales. Depuis cet accident, il ne ressent ni mouvement ni sensation sous les épaules.</p><br><p>Un mois avant cette conférence, il a subi une opération au Barrow Neurological Institute, à Phoenix, en Arizona. L’intervention a duré moins de deux heures et s’est déroulée sous anesthésie générale. Un robot chirurgical conçu par Neuralink a implanté dans son cerveau une puce expérimentale reliée à plus d’un millier d’électrodes extrêmement fines. Ces fils microscopiques sont connectés aux neurones. Le principe est relativement simple à expliquer. Grâce à ce système, Noland Arbaugh peut aujourd’hui effectuer plusieurs actions sans bouger les mains ni aucune autre partie du corps : jouer à des jeux vidéo comme Mario Kart, contrôler sa télévision ou encore allumer et éteindre certains appareils domestiques. Lors de ses premiers essais, il explique même avoir battu un record établi en 2017 concernant la vitesse et la précision du contrôle d’un curseur par interface cerveau-ordinateur.</p><br><p>Au sein de l’entreprise, il est connu sous le nom de « Participant 1 », ou « P1 ». Il fait aujourd’hui partie d’un groupe d’environ quatre-vingts personnes dans le monde ayant reçu ce type d’implant expérimental. Depuis janvier 2024, huit autres participants se sont inscrits aux essais cliniques de Neuralink, actuellement ouverts aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni et aux Émirats arabes unis. Tous les volontaires souffrent de paralysie ou de sclérose latérale amyotrophique, la maladie de Charcot.</p><p>Mais devenir le premier patient d’une technologie aussi médiatisée change aussi une vie.</p><br><p>Lui affirme que cette nouvelle agitation contraste fortement avec les années qui ont suivi son accident. Avant l’opération, explique-t-il, ses journées se résumaient souvent à rester éveillé la nuit et dormir le jour. « Je n’avais pas vraiment d’objectif », raconte-t-il. « J’attendais simplement que quelque chose se passe. » Aujourd’hui, il utilise son implant environ dix heures par jour pour travailler sur ordinateur, lire, jouer ou répondre à des interviews. Il a également repris des études dans un collège communautaire d’Arizona afin de suivre des cours préparatoires en neurosciences. Parallèlement, il a commencé à donner des conférences rémunérées et envisage de lancer sa propre activité. Pour lui, l’implant a transformé son quotidien. « J’ai l’impression d’avoir retrouvé du potentiel », explique-t-il. « Je pense que je l’ai toujours eu, mais maintenant j’ai un moyen de l’exprimer. »</p><br><p>Quelques semaines après l’implantation, un problème technique est apparu : certains fils électrodes se sont rétractés, ce qui a temporairement réduit sa capacité à contrôler l’interface. L’incident a ensuite été confirmé publiquement par Neuralink et rapporté par la presse. Selon Arbaugh, les ingénieurs ont finalement réussi à corriger la situation. Malgré cet épisode, il affirme rester convaincu du potentiel de la technologie. Il explique avoir accepté de rendre publique son expérience pour montrer ce que cette innovation pourrait permettre à l’avenir. Lors d’une réunion interne de l’entreprise, les responsables de Neuralink ont également évoqué les prochaines étapes. L’une d’elles concerne un projet baptisé « Blindsight », destiné à tester des implants capables d’aider certaines personnes aveugles à retrouver une forme de vision. Par ailleurs, l’entreprise développe des systèmes permettant de contrôler des bras robotiques.</p><hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></description>
			<itunes:summary><![CDATA[<p>En février 2024, un homme s’avance devant les salariés de Neuralink, l’entreprise d’Elon Musk spécialisée dans les interfaces cerveau-ordinateur. Il s’appelle Noland Arbaugh. Et il devient ce jour-là une figure historique : la première personne au monde à avoir reçu l’implant cérébral expérimental développé par la société. Huit ans plus tôt, en 2016, Noland Arbaugh a perdu l’usage de son corps à la suite d’un accident de plongée qui lui a déplacé deux vertèbres cervicales. Depuis cet accident, il ne ressent ni mouvement ni sensation sous les épaules.</p><br><p>Un mois avant cette conférence, il a subi une opération au Barrow Neurological Institute, à Phoenix, en Arizona. L’intervention a duré moins de deux heures et s’est déroulée sous anesthésie générale. Un robot chirurgical conçu par Neuralink a implanté dans son cerveau une puce expérimentale reliée à plus d’un millier d’électrodes extrêmement fines. Ces fils microscopiques sont connectés aux neurones. Le principe est relativement simple à expliquer. Grâce à ce système, Noland Arbaugh peut aujourd’hui effectuer plusieurs actions sans bouger les mains ni aucune autre partie du corps : jouer à des jeux vidéo comme Mario Kart, contrôler sa télévision ou encore allumer et éteindre certains appareils domestiques. Lors de ses premiers essais, il explique même avoir battu un record établi en 2017 concernant la vitesse et la précision du contrôle d’un curseur par interface cerveau-ordinateur.</p><br><p>Au sein de l’entreprise, il est connu sous le nom de « Participant 1 », ou « P1 ». Il fait aujourd’hui partie d’un groupe d’environ quatre-vingts personnes dans le monde ayant reçu ce type d’implant expérimental. Depuis janvier 2024, huit autres participants se sont inscrits aux essais cliniques de Neuralink, actuellement ouverts aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni et aux Émirats arabes unis. Tous les volontaires souffrent de paralysie ou de sclérose latérale amyotrophique, la maladie de Charcot.</p><p>Mais devenir le premier patient d’une technologie aussi médiatisée change aussi une vie.</p><br><p>Lui affirme que cette nouvelle agitation contraste fortement avec les années qui ont suivi son accident. Avant l’opération, explique-t-il, ses journées se résumaient souvent à rester éveillé la nuit et dormir le jour. « Je n’avais pas vraiment d’objectif », raconte-t-il. « J’attendais simplement que quelque chose se passe. » Aujourd’hui, il utilise son implant environ dix heures par jour pour travailler sur ordinateur, lire, jouer ou répondre à des interviews. Il a également repris des études dans un collège communautaire d’Arizona afin de suivre des cours préparatoires en neurosciences. Parallèlement, il a commencé à donner des conférences rémunérées et envisage de lancer sa propre activité. Pour lui, l’implant a transformé son quotidien. « J’ai l’impression d’avoir retrouvé du potentiel », explique-t-il. « Je pense que je l’ai toujours eu, mais maintenant j’ai un moyen de l’exprimer. »</p><br><p>Quelques semaines après l’implantation, un problème technique est apparu : certains fils électrodes se sont rétractés, ce qui a temporairement réduit sa capacité à contrôler l’interface. L’incident a ensuite été confirmé publiquement par Neuralink et rapporté par la presse. Selon Arbaugh, les ingénieurs ont finalement réussi à corriger la situation. Malgré cet épisode, il affirme rester convaincu du potentiel de la technologie. Il explique avoir accepté de rendre publique son expérience pour montrer ce que cette innovation pourrait permettre à l’avenir. Lors d’une réunion interne de l’entreprise, les responsables de Neuralink ont également évoqué les prochaines étapes. L’une d’elles concerne un projet baptisé « Blindsight », destiné à tester des implants capables d’aider certaines personnes aveugles à retrouver une forme de vision. Par ailleurs, l’entreprise développe des systèmes permettant de contrôler des bras robotiques.</p><hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></itunes:summary>
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			<title>Eyes of Iran : comment le régime surveille ses citoyens ?</title>
			<itunes:title>Eyes of Iran : comment le régime surveille ses citoyens ?</itunes:title>
			<pubDate>Thu, 05 Mar 2026 18:00:00 GMT</pubDate>
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			<description><![CDATA[<p>Alors que les bombes américaines et israéliennes frappent l’Iran, Donald Trump et Benyamin Netanyahou appellent la population à renverser le régime. « L’heure de votre liberté approche », lance le président américain. Mais sur les téléphones iraniens, un autre message circule. Un SMS signé des gardiens de la révolution — l’IRGC, pilier militaire du pouvoir — prévient : « Tout mouvement perturbant la sécurité sera considéré comme une coopération directe avec l’ennemi. »</p><p>Le contraste est saisissant. D’un côté, des appels à l’insurrection. De l’autre, une machine répressive toujours opérationnelle, malgré les frappes. Et cette machine dispose d’un outil redoutable : un logiciel russe de reconnaissance faciale acquis discrètement par Téhéran.</p><br><p>Grâce à une fuite massive de données provenant d’entreprises russes et iraniennes, le consortium Forbidden Stories et plusieurs médias partenaires ont pu documenter pour la première fois le fonctionnement précis de cette infrastructure de surveillance. Depuis l’été 2022, les Iraniens savent que les caméras les observent. À l’époque, les autorités annoncent officiellement le recours à la reconnaissance faciale, notamment pour contrôler le port du hijab. Mais peu d’informations circulent sur les outils réellement utilisés.</p><br><p>En mars 2025, la Mission internationale indépendante de l’ONU sur l’Iran évoque un « recours massif à la technologie pour restreindre la liberté d’expression » et mentionne l’installation d’un nouveau logiciel à l’entrée d’une université de Téhéran. Mais jusqu’ici, aucun média n’avait pu en détailler l’architecture. Le logiciel en question s’appelle FindFace. Développé par la société russe NtechLab, il est présenté comme capable d’identifier un visage parmi 500 millions en moins d’une seconde, avec une probabilité de 98 %, selon un document promotionnel consulté par les journalistes. NtechLab est étroitement liée au complexe militaro-industriel russe via la holding Rostec, rattachée à l’administration présidentielle russe après l’invasion de l’Ukraine. L’entreprise est aujourd’hui sanctionnée par l’Union européenne et les États-Unis.</p><br><p>En août 2019, NtechLab accorde à une entreprise iranienne, Rasad Intelligent Technologies, le droit d’intégrer FindFace sur le territoire iranien. Deux ans plus tard, la société Kama reprend le flambeau. Selon les documents consultés, le dirigeant de Kama serait membre des gardiens de la révolution. Ce n’est pas seulement la capacité d’identifier un visage qui inquiète. C’est l’ensemble des fonctions associées. Le logiciel permet ce que ses concepteurs appellent l’« interaction tracking » : à partir d’un individu filmé dans le métro de Téhéran ou de Mashhad, le système peut établir une cartographie de ses proches, relier des visages entre eux selon leurs déplacements communs, et croiser ces données avec d’autres informations, comme les plaques d’immatriculation. « Il ne s’agit pas seulement de reconnaître un visage, mais de reconstituer un réseau social complet », explique Nima Fatemi, fondateur de l’ONG Kandoo, spécialisée en cybersécurité des populations vulnérables. « C’est un outil centralisé qui permet de savoir qui est qui et comment les individus sont liés. »</p><br><p>Pour Ali, un expert iranien du secteur technologique qui s’exprime sous pseudonyme, la menace est claire : « Il est désormais beaucoup plus difficile pour le peuple iranien de se soulever. Le régime lutte pour sa survie et dispose d’un outil pour surveiller tout le monde, partout. » Ironie ultime : si NtechLab revendique aujourd’hui des centaines de clients dans des dizaines de pays, la République islamique d’Iran n’apparaît pas sur son site officiel. Un client absent des vitrines, mais bien présent dans les bases de données.</p><hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></description>
			<itunes:summary><![CDATA[<p>Alors que les bombes américaines et israéliennes frappent l’Iran, Donald Trump et Benyamin Netanyahou appellent la population à renverser le régime. « L’heure de votre liberté approche », lance le président américain. Mais sur les téléphones iraniens, un autre message circule. Un SMS signé des gardiens de la révolution — l’IRGC, pilier militaire du pouvoir — prévient : « Tout mouvement perturbant la sécurité sera considéré comme une coopération directe avec l’ennemi. »</p><p>Le contraste est saisissant. D’un côté, des appels à l’insurrection. De l’autre, une machine répressive toujours opérationnelle, malgré les frappes. Et cette machine dispose d’un outil redoutable : un logiciel russe de reconnaissance faciale acquis discrètement par Téhéran.</p><br><p>Grâce à une fuite massive de données provenant d’entreprises russes et iraniennes, le consortium Forbidden Stories et plusieurs médias partenaires ont pu documenter pour la première fois le fonctionnement précis de cette infrastructure de surveillance. Depuis l’été 2022, les Iraniens savent que les caméras les observent. À l’époque, les autorités annoncent officiellement le recours à la reconnaissance faciale, notamment pour contrôler le port du hijab. Mais peu d’informations circulent sur les outils réellement utilisés.</p><br><p>En mars 2025, la Mission internationale indépendante de l’ONU sur l’Iran évoque un « recours massif à la technologie pour restreindre la liberté d’expression » et mentionne l’installation d’un nouveau logiciel à l’entrée d’une université de Téhéran. Mais jusqu’ici, aucun média n’avait pu en détailler l’architecture. Le logiciel en question s’appelle FindFace. Développé par la société russe NtechLab, il est présenté comme capable d’identifier un visage parmi 500 millions en moins d’une seconde, avec une probabilité de 98 %, selon un document promotionnel consulté par les journalistes. NtechLab est étroitement liée au complexe militaro-industriel russe via la holding Rostec, rattachée à l’administration présidentielle russe après l’invasion de l’Ukraine. L’entreprise est aujourd’hui sanctionnée par l’Union européenne et les États-Unis.</p><br><p>En août 2019, NtechLab accorde à une entreprise iranienne, Rasad Intelligent Technologies, le droit d’intégrer FindFace sur le territoire iranien. Deux ans plus tard, la société Kama reprend le flambeau. Selon les documents consultés, le dirigeant de Kama serait membre des gardiens de la révolution. Ce n’est pas seulement la capacité d’identifier un visage qui inquiète. C’est l’ensemble des fonctions associées. Le logiciel permet ce que ses concepteurs appellent l’« interaction tracking » : à partir d’un individu filmé dans le métro de Téhéran ou de Mashhad, le système peut établir une cartographie de ses proches, relier des visages entre eux selon leurs déplacements communs, et croiser ces données avec d’autres informations, comme les plaques d’immatriculation. « Il ne s’agit pas seulement de reconnaître un visage, mais de reconstituer un réseau social complet », explique Nima Fatemi, fondateur de l’ONG Kandoo, spécialisée en cybersécurité des populations vulnérables. « C’est un outil centralisé qui permet de savoir qui est qui et comment les individus sont liés. »</p><br><p>Pour Ali, un expert iranien du secteur technologique qui s’exprime sous pseudonyme, la menace est claire : « Il est désormais beaucoup plus difficile pour le peuple iranien de se soulever. Le régime lutte pour sa survie et dispose d’un outil pour surveiller tout le monde, partout. » Ironie ultime : si NtechLab revendique aujourd’hui des centaines de clients dans des dizaines de pays, la République islamique d’Iran n’apparaît pas sur son site officiel. Un client absent des vitrines, mais bien présent dans les bases de données.</p><hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></itunes:summary>
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			<title>Xénobots : les « robots vivants » fabriqués via des cellules humaines ?</title>
			<itunes:title>Xénobots : les « robots vivants » fabriqués via des cellules humaines ?</itunes:title>
			<pubDate>Tue, 03 Mar 2026 18:00:00 GMT</pubDate>
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			<description><![CDATA[<p>Imaginez un robot… sans métal, sans circuits, sans logiciel embarqué. Un robot entièrement composé de cellules vivantes. C’est précisément ce que sont les xénobots.</p><p>Les xénobots sont des entités biologiques artificielles fabriquées à partir de cellules d’embryons précoces de xénope, Xenopus laevis, un amphibien africain largement utilisé en recherche. À ce stade embryonnaire, les cellules sont encore indifférenciées : elles ne sont pas spécialisées en cellules de peau, de foie ou de neurones. Elles sont toutefois naturellement destinées à devenir soit des cellules qui tapissent les surfaces internes et externes du corps, soit des cellules contractiles du muscle cardiaque.</p><br><p>Ce sont ces cellules cardiaques qui jouent un rôle clé. Leurs contractions spontanées agissent comme de minuscules moteurs biologiques. En les assemblant de manière précise, les chercheurs obtiennent une propulsion suffisante pour déplacer ces microstructures dans un milieu aquatique. La fabrication d’un xénobot relève de la microchirurgie. Les scientifiques isolent des groupes de cellules et les assemblent manuellement, comme des briques biologiques, selon une architecture tridimensionnelle définie à l’avance. Le résultat : une entité de moins d’un millimètre, de forme variable selon la fonction recherchée. Les xénobots ne possèdent ni système nerveux ni organes sensoriels. Leur comportement dépend uniquement de leur forme et de la disposition des cellules, décidées au moment de leur conception.</p><br><p>Sur le plan environnemental, leur petite taille, leur biodégradabilité et leur fonctionnement en essaim pourraient théoriquement permettre de concentrer des microparticules ou des polluants avant leur récupération. Les xénobots se dégraderaient ensuite sans laisser de trace biologique durable.</p><p>Des versions plus complexes pourraient servir de capteurs biologiques. Exposés à un polluant spécifique, ils pourraient changer de forme ou de couleur, offrant une sorte de signal visuel. Cette idée n’a toutefois pas encore été démontrée expérimentalement.</p><br><p>En médecine, certains chercheurs envisagent qu’ils puissent transporter localement des molécules thérapeutiques vers des cellules ciblées, réduisant ainsi les effets secondaires sur les tissus sains. Mais cette perspective reste une extrapolation à partir d’expériences préliminaires menées avec d’autres microrobots.</p><p>Au-delà des applications, les xénobots intéressent la recherche fondamentale. En réorganisant des cellules hors de leur contexte embryonnaire naturel, ils offrent un modèle pour étudier la plasticité cellulaire, l’auto-organisation et la coordination collective — des mécanismes essentiels pour comprendre l’évolution du vivant.</p><br><p>Mais ces promesses scientifiques soulèvent aussi des questions éthiques. Les xénobots ne sont ni des organismes naturels ni des machines classiques. Ce sont des assemblages cellulaires conçus par l’humain avec l’appui d’outils d’intelligence artificielle. Leur déploiement reste hypothétique, mais plusieurs risques sont discutés.</p><p>Risque écologique d’abord, si une capacité imprévue de survie ou de réplication apparaissait dans l’environnement. Risque sanitaire ensuite, en cas d’usage médical sans compréhension complète de leur comportement à long terme. Risque de détournement enfin, par exemple pour la délivrance ciblée d’agents toxiques.</p><p>S’y ajoutent des enjeux symboliques : brouiller davantage la frontière entre vivant et non-vivant interroge les cadres juridiques existants. Plusieurs travaux recommandent donc un encadrement international spécifique : évaluation systématique des risques, transparence des protocoles, limitation stricte de la réplication, traçabilité des essais, et supervision par des comités éthiques pluridisciplinaires.</p><hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></description>
			<itunes:summary><![CDATA[<p>Imaginez un robot… sans métal, sans circuits, sans logiciel embarqué. Un robot entièrement composé de cellules vivantes. C’est précisément ce que sont les xénobots.</p><p>Les xénobots sont des entités biologiques artificielles fabriquées à partir de cellules d’embryons précoces de xénope, Xenopus laevis, un amphibien africain largement utilisé en recherche. À ce stade embryonnaire, les cellules sont encore indifférenciées : elles ne sont pas spécialisées en cellules de peau, de foie ou de neurones. Elles sont toutefois naturellement destinées à devenir soit des cellules qui tapissent les surfaces internes et externes du corps, soit des cellules contractiles du muscle cardiaque.</p><br><p>Ce sont ces cellules cardiaques qui jouent un rôle clé. Leurs contractions spontanées agissent comme de minuscules moteurs biologiques. En les assemblant de manière précise, les chercheurs obtiennent une propulsion suffisante pour déplacer ces microstructures dans un milieu aquatique. La fabrication d’un xénobot relève de la microchirurgie. Les scientifiques isolent des groupes de cellules et les assemblent manuellement, comme des briques biologiques, selon une architecture tridimensionnelle définie à l’avance. Le résultat : une entité de moins d’un millimètre, de forme variable selon la fonction recherchée. Les xénobots ne possèdent ni système nerveux ni organes sensoriels. Leur comportement dépend uniquement de leur forme et de la disposition des cellules, décidées au moment de leur conception.</p><br><p>Sur le plan environnemental, leur petite taille, leur biodégradabilité et leur fonctionnement en essaim pourraient théoriquement permettre de concentrer des microparticules ou des polluants avant leur récupération. Les xénobots se dégraderaient ensuite sans laisser de trace biologique durable.</p><p>Des versions plus complexes pourraient servir de capteurs biologiques. Exposés à un polluant spécifique, ils pourraient changer de forme ou de couleur, offrant une sorte de signal visuel. Cette idée n’a toutefois pas encore été démontrée expérimentalement.</p><br><p>En médecine, certains chercheurs envisagent qu’ils puissent transporter localement des molécules thérapeutiques vers des cellules ciblées, réduisant ainsi les effets secondaires sur les tissus sains. Mais cette perspective reste une extrapolation à partir d’expériences préliminaires menées avec d’autres microrobots.</p><p>Au-delà des applications, les xénobots intéressent la recherche fondamentale. En réorganisant des cellules hors de leur contexte embryonnaire naturel, ils offrent un modèle pour étudier la plasticité cellulaire, l’auto-organisation et la coordination collective — des mécanismes essentiels pour comprendre l’évolution du vivant.</p><br><p>Mais ces promesses scientifiques soulèvent aussi des questions éthiques. Les xénobots ne sont ni des organismes naturels ni des machines classiques. Ce sont des assemblages cellulaires conçus par l’humain avec l’appui d’outils d’intelligence artificielle. Leur déploiement reste hypothétique, mais plusieurs risques sont discutés.</p><p>Risque écologique d’abord, si une capacité imprévue de survie ou de réplication apparaissait dans l’environnement. Risque sanitaire ensuite, en cas d’usage médical sans compréhension complète de leur comportement à long terme. Risque de détournement enfin, par exemple pour la délivrance ciblée d’agents toxiques.</p><p>S’y ajoutent des enjeux symboliques : brouiller davantage la frontière entre vivant et non-vivant interroge les cadres juridiques existants. Plusieurs travaux recommandent donc un encadrement international spécifique : évaluation systématique des risques, transparence des protocoles, limitation stricte de la réplication, traçabilité des essais, et supervision par des comités éthiques pluridisciplinaires.</p><hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></itunes:summary>
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			<title>Art : pourquoi le crime organisé l’adore ?</title>
			<itunes:title>Art : pourquoi le crime organisé l’adore ?</itunes:title>
			<pubDate>Sun, 01 Mar 2026 18:00:00 GMT</pubDate>
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			<itunes:subtitle>Le marché est par essence propice à la fraude.</itunes:subtitle>
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			<description><![CDATA[<p>En 2024, le marché mondial de l’art a atteint environ 57,5 milliards de dollars de ventes — soit près de 49,5 milliards d’euros — selon le rapport Art Basel et UBS Art Market 2025. Un chiffre qui confirme que l’art n’est plus seulement affaire de passion ou de patrimoine : c’est aussi une véritable classe d’actifs, au même titre que l’immobilier ou les actions.</p><br><p>Mais derrière les vernissages et les enchères spectaculaires, une autre réalité se dessine. Car ce marché, fondé sur des transactions unitaires très élevées, des estimations parfois subjectives — voire manipulées — et une relative opacité, peut aussi devenir un outil redoutablement efficace pour blanchir de l’argent. Une étude récente s’est penchée sur les mécanismes qui favorisent ce phénomène et sur les moyens d’y remédier.</p><br><p>Le blanchiment d’argent consiste à dissimuler l’origine illégale de fonds afin de les réintroduire dans l’économie légale. On parle de transformer de « l’argent sale » en « argent propre ». Selon des estimations d’experts, entre 2 % et 5 % du PIB mondial serait blanchi chaque année. L’art n’est qu’un vecteur parmi d’autres — après le trafic de drogue ou d’armes, le commerce d’œuvres d’art figure toutefois parmi les activités les plus lucratives pour financer des réseaux criminels.</p><br><p>Le processus classique de blanchiment se déroule en trois étapes. La première, l’« investissement », consiste à injecter des liquidités issues d’activités illégales dans le circuit bancaire. Par exemple, un criminel peut acheter une œuvre en espèces, puis la revendre en exigeant un paiement par virement bancaire. Le produit de la vente semble alors propre. Cette phase peut impliquer la complicité d’intermédiaires dans des galeries, des maisons de ventes ou même des ports francs — ces zones de stockage bénéficiant d’un régime fiscal particulier.</p><br><p>Deuxième étape : le « layering », ou empilement. Il s’agit de multiplier les transactions et les transferts entre comptes pour brouiller les pistes. Le marché de l’art, avec ses envolées spéculatives et ses enchères parfois irrationnelles, offre un terrain idéal. Une seule œuvre peut voir son prix grimper fortement en peu de temps, permettant de déplacer d’importantes sommes à travers un nombre limité d’opérations.</p><br><p>Enfin, vient l’« intégration » : les fonds blanchis sont réinvestis dans des actifs légaux, souvent via des sociétés écrans, rendant leur origine pratiquement indétectable.</p><p>Plusieurs maillons de la chaîne de valeur artistique présentent des vulnérabilités. La production et la vente de faux constituent une première porte d’entrée. En 2024, une vaste opération menée en Espagne, en France, en Italie et en Belgique a permis la saisie de plus de 2 000 œuvres contemporaines contrefaites, pour un préjudice estimé à 200 millions d’euros.</p><br><p>Face à ces risques, le cadre réglementaire évolue. Dans l’Union européenne, la sixième directive anti-blanchiment a étendu les obligations aux professionnels du marché de l’art. Ils doivent désormais vérifier l’identité de leurs clients et surveiller les transactions supérieures à 10 000 euros. Aux États-Unis, un projet de loi intitulé Art Market Integrity Act vise à imposer des obligations comparables : contrôle de l’identité des acheteurs, conservation détaillée des documents, signalement des transactions suspectes au Trésor américain.</p><br><p>Les musées jouent également un rôle pédagogique. En 2024, une exposition à Milan a présenté plus de 80 œuvres liées à des réseaux criminels — parmi lesquelles des pièces attribuées à Salvador Dalí ou Andy Warhol — pour sensibiliser le public au trafic international d’art. Ces avancées réglementaires marquent un progrès réel. Mais selon l’étude évoquée, elles restent insuffisantes face aux failles structurelles du secteur : manque de transparence, corruption potentielle, zones grises juridiques dans les ports francs.&nbsp;</p><hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></description>
			<itunes:summary><![CDATA[<p>En 2024, le marché mondial de l’art a atteint environ 57,5 milliards de dollars de ventes — soit près de 49,5 milliards d’euros — selon le rapport Art Basel et UBS Art Market 2025. Un chiffre qui confirme que l’art n’est plus seulement affaire de passion ou de patrimoine : c’est aussi une véritable classe d’actifs, au même titre que l’immobilier ou les actions.</p><br><p>Mais derrière les vernissages et les enchères spectaculaires, une autre réalité se dessine. Car ce marché, fondé sur des transactions unitaires très élevées, des estimations parfois subjectives — voire manipulées — et une relative opacité, peut aussi devenir un outil redoutablement efficace pour blanchir de l’argent. Une étude récente s’est penchée sur les mécanismes qui favorisent ce phénomène et sur les moyens d’y remédier.</p><br><p>Le blanchiment d’argent consiste à dissimuler l’origine illégale de fonds afin de les réintroduire dans l’économie légale. On parle de transformer de « l’argent sale » en « argent propre ». Selon des estimations d’experts, entre 2 % et 5 % du PIB mondial serait blanchi chaque année. L’art n’est qu’un vecteur parmi d’autres — après le trafic de drogue ou d’armes, le commerce d’œuvres d’art figure toutefois parmi les activités les plus lucratives pour financer des réseaux criminels.</p><br><p>Le processus classique de blanchiment se déroule en trois étapes. La première, l’« investissement », consiste à injecter des liquidités issues d’activités illégales dans le circuit bancaire. Par exemple, un criminel peut acheter une œuvre en espèces, puis la revendre en exigeant un paiement par virement bancaire. Le produit de la vente semble alors propre. Cette phase peut impliquer la complicité d’intermédiaires dans des galeries, des maisons de ventes ou même des ports francs — ces zones de stockage bénéficiant d’un régime fiscal particulier.</p><br><p>Deuxième étape : le « layering », ou empilement. Il s’agit de multiplier les transactions et les transferts entre comptes pour brouiller les pistes. Le marché de l’art, avec ses envolées spéculatives et ses enchères parfois irrationnelles, offre un terrain idéal. Une seule œuvre peut voir son prix grimper fortement en peu de temps, permettant de déplacer d’importantes sommes à travers un nombre limité d’opérations.</p><br><p>Enfin, vient l’« intégration » : les fonds blanchis sont réinvestis dans des actifs légaux, souvent via des sociétés écrans, rendant leur origine pratiquement indétectable.</p><p>Plusieurs maillons de la chaîne de valeur artistique présentent des vulnérabilités. La production et la vente de faux constituent une première porte d’entrée. En 2024, une vaste opération menée en Espagne, en France, en Italie et en Belgique a permis la saisie de plus de 2 000 œuvres contemporaines contrefaites, pour un préjudice estimé à 200 millions d’euros.</p><br><p>Face à ces risques, le cadre réglementaire évolue. Dans l’Union européenne, la sixième directive anti-blanchiment a étendu les obligations aux professionnels du marché de l’art. Ils doivent désormais vérifier l’identité de leurs clients et surveiller les transactions supérieures à 10 000 euros. Aux États-Unis, un projet de loi intitulé Art Market Integrity Act vise à imposer des obligations comparables : contrôle de l’identité des acheteurs, conservation détaillée des documents, signalement des transactions suspectes au Trésor américain.</p><br><p>Les musées jouent également un rôle pédagogique. En 2024, une exposition à Milan a présenté plus de 80 œuvres liées à des réseaux criminels — parmi lesquelles des pièces attribuées à Salvador Dalí ou Andy Warhol — pour sensibiliser le public au trafic international d’art. Ces avancées réglementaires marquent un progrès réel. Mais selon l’étude évoquée, elles restent insuffisantes face aux failles structurelles du secteur : manque de transparence, corruption potentielle, zones grises juridiques dans les ports francs.&nbsp;</p><hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></itunes:summary>
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			<title>En Géorgie, un roi de la meth se déguise en mécène</title>
			<itunes:title>En Géorgie, un roi de la meth se déguise en mécène</itunes:title>
			<pubDate>Thu, 26 Feb 2026 18:00:00 GMT</pubDate>
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			<description><![CDATA[<p>À l’époque, l’histoire est belle et surtout très pratique pour Batumi, station balnéaire en plein boom sur la mer Noire. Xu vient d’arriver en Géorgie avec des promesses XXL. Un portrait élogieux publié par un média local, Primetime, le décrit comme un investisseur « né au Cambodge », si séduit par Batumi qu’il y aurait installé sa famille. Il est question d’un milliard de laris d’investissements — environ 370 millions de dollars — et d’un projet vitrine : Halcyon, deux tours futuristes ondulantes, terrasses et piscines sur les toits, censées redessiner la skyline et « revitaliser » le front de mer.</p><br><p>Sauf que, selon des documents publics et des jugements consultés par l’OCCRP et ses partenaires, « Thomas Xu » cacherait une autre identité : Hsu Ming-chin, ressortissant taïwanais condamné pour fabrication de méthamphétamine. Il aurait fui Taïwan en 2014 et serait toujours recherché. La police de trois pays le soupçonne aussi d’avoir financé une cargaison de drogue estimée à 364 millions de dollars, liée à un grand syndicat criminel asiatique — sans qu’il ait été inculpé pour ce volet, notamment en raison de l’absence de traité d’extradition entre Taïwan et le Cambodge, selon des éléments policiers cités par les journalistes.</p><br><p>Alors, que faisait-il réellement à Batumi ? Les récits médiatiques de l’époque et les communiqués contemporains montrent qu’il a bel et bien débarqué pour faire des affaires au nom de Lixin, et pas à petite échelle. En août 2021, sa société locale « Construction Company » achète 50 % du projet Halcyon pour 5,2 millions de dollars. Mais dès l’année suivante, changement de tempo : Xu commence à sortir son nom des actifs géorgiens — et à les transférer vers son frère aîné, Hsu Ming-chao, visage public de Lixin et directeur général.</p><br><p>Mais une ombre s’étend dans un rapport publié en avril 2025 par l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime, l’UNODC. Le rapport décrit un promoteur basé au Cambodge, baptisé « Business Group 2 » : une « grande entreprise criminelle » de la zone du Mékong, fondée par deux Taïwanais — dont l’un est recherché à Taïwan — puis étendue au Cambodge et, plus récemment, à la Géorgie. Plusieurs personnes impliquées dans la rédaction du rapport confirment aux journalistes, sous couvert d’anonymat, que ce « BG2 » renverrait à Lixin Group. Le groupe, lui, dit ignorer ce rapport et nie toute implication dans des jeux illégaux ou des cyberarnaques.</p><p>L’UNODC note aussi un détail parlant : l’investissement de millions de dollars dans un club de football géorgien, comme une stratégie pour renforcer une image « légitime » et une influence locale. Les avocats de Lixin répondent que le sponsoring a cessé, et vont jusqu’à nier que Xu ait été président d’honneur du club — malgré des photos et une vidéo de la cérémonie.</p><br><p>Reste le récit d’origine, plus brut. En 2009 à Taïwan, une tentative de fabrication de crystal meth tourne mal : une explosion dans un appartement, un ingénieur chimiste brûlé, et un laboratoire clandestin qui déménage plusieurs fois pour éviter la police. En 2012, Xu est condamné à 12 ans de prison pour soutien financier et fourniture de matières premières, plus huit ans supplémentaires pour vol, et une condamnation pour détention illégale liée à un enlèvement. Il perd son dernier recours fin 2013… puis s’enfuit sans purger sa peine. Quelques jours plus tard, des publications sur les réseaux sociaux le montrent déjà au Cambodge, devant les temples d’Angkor.</p><p>En Géorgie, l’histoire se complique encore : à Batumi, le projet Halcyon est enlisé dans un conflit commercial et des procédures judiciaires. Son partenaire, l’homme d’affaires turco-géorgien Galip Öztürk, a été condamné pour des infractions liées à la drogue en 2023. Il a été libéré après un accord avec les procureurs géorgiens en 2025, tandis qu’il reste recherché en Turquie après une condamnation pour meurtre en 2012.</p><hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></description>
			<itunes:summary><![CDATA[<p>À l’époque, l’histoire est belle et surtout très pratique pour Batumi, station balnéaire en plein boom sur la mer Noire. Xu vient d’arriver en Géorgie avec des promesses XXL. Un portrait élogieux publié par un média local, Primetime, le décrit comme un investisseur « né au Cambodge », si séduit par Batumi qu’il y aurait installé sa famille. Il est question d’un milliard de laris d’investissements — environ 370 millions de dollars — et d’un projet vitrine : Halcyon, deux tours futuristes ondulantes, terrasses et piscines sur les toits, censées redessiner la skyline et « revitaliser » le front de mer.</p><br><p>Sauf que, selon des documents publics et des jugements consultés par l’OCCRP et ses partenaires, « Thomas Xu » cacherait une autre identité : Hsu Ming-chin, ressortissant taïwanais condamné pour fabrication de méthamphétamine. Il aurait fui Taïwan en 2014 et serait toujours recherché. La police de trois pays le soupçonne aussi d’avoir financé une cargaison de drogue estimée à 364 millions de dollars, liée à un grand syndicat criminel asiatique — sans qu’il ait été inculpé pour ce volet, notamment en raison de l’absence de traité d’extradition entre Taïwan et le Cambodge, selon des éléments policiers cités par les journalistes.</p><br><p>Alors, que faisait-il réellement à Batumi ? Les récits médiatiques de l’époque et les communiqués contemporains montrent qu’il a bel et bien débarqué pour faire des affaires au nom de Lixin, et pas à petite échelle. En août 2021, sa société locale « Construction Company » achète 50 % du projet Halcyon pour 5,2 millions de dollars. Mais dès l’année suivante, changement de tempo : Xu commence à sortir son nom des actifs géorgiens — et à les transférer vers son frère aîné, Hsu Ming-chao, visage public de Lixin et directeur général.</p><br><p>Mais une ombre s’étend dans un rapport publié en avril 2025 par l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime, l’UNODC. Le rapport décrit un promoteur basé au Cambodge, baptisé « Business Group 2 » : une « grande entreprise criminelle » de la zone du Mékong, fondée par deux Taïwanais — dont l’un est recherché à Taïwan — puis étendue au Cambodge et, plus récemment, à la Géorgie. Plusieurs personnes impliquées dans la rédaction du rapport confirment aux journalistes, sous couvert d’anonymat, que ce « BG2 » renverrait à Lixin Group. Le groupe, lui, dit ignorer ce rapport et nie toute implication dans des jeux illégaux ou des cyberarnaques.</p><p>L’UNODC note aussi un détail parlant : l’investissement de millions de dollars dans un club de football géorgien, comme une stratégie pour renforcer une image « légitime » et une influence locale. Les avocats de Lixin répondent que le sponsoring a cessé, et vont jusqu’à nier que Xu ait été président d’honneur du club — malgré des photos et une vidéo de la cérémonie.</p><br><p>Reste le récit d’origine, plus brut. En 2009 à Taïwan, une tentative de fabrication de crystal meth tourne mal : une explosion dans un appartement, un ingénieur chimiste brûlé, et un laboratoire clandestin qui déménage plusieurs fois pour éviter la police. En 2012, Xu est condamné à 12 ans de prison pour soutien financier et fourniture de matières premières, plus huit ans supplémentaires pour vol, et une condamnation pour détention illégale liée à un enlèvement. Il perd son dernier recours fin 2013… puis s’enfuit sans purger sa peine. Quelques jours plus tard, des publications sur les réseaux sociaux le montrent déjà au Cambodge, devant les temples d’Angkor.</p><p>En Géorgie, l’histoire se complique encore : à Batumi, le projet Halcyon est enlisé dans un conflit commercial et des procédures judiciaires. Son partenaire, l’homme d’affaires turco-géorgien Galip Öztürk, a été condamné pour des infractions liées à la drogue en 2023. Il a été libéré après un accord avec les procureurs géorgiens en 2025, tandis qu’il reste recherché en Turquie après une condamnation pour meurtre en 2012.</p><hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></itunes:summary>
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			<title>L’ONU a financé la dictature Syrienne pendant 10 ans ?</title>
			<itunes:title>L’ONU a financé la dictature Syrienne pendant 10 ans ?</itunes:title>
			<pubDate>Tue, 24 Feb 2026 18:00:00 GMT</pubDate>
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			<itunes:subtitle>Le tout via une société de protection durant la guerre.</itunes:subtitle>
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			<description><![CDATA[<p>Au fond d’un centre commercial sans éclat de Damas, au bout d’un couloir sombre du quatrième étage, se cache un bureau sans plaque. Celui de Shorouk for Protection, Guarding and Security Services. Une simple pancarte prévient que l’endroit est sous vidéosurveillance. En apparence, une société de sécurité parmi d’autres. En réalité, selon des documents internes révélés par une vaste enquête internationale, bien davantage.</p><br><p>Durant la guerre civile syrienne, les Nations unies ont versé au moins 11 millions de dollars à cette entreprise pour protéger leurs bureaux dans le pays — notamment leur siège officieux installé à l’hôtel Four Seasons de Damas, ainsi que plusieurs antennes régionales. Entre 2014 et 2024, le Programme des Nations unies pour le développement lui aurait versé à lui seul 9 millions de dollars. Shorouk travaillait aussi pour d’autres agences onusiennes, comme l’Organisation mondiale de la santé ou le Programme alimentaire mondial.</p><br><p>Problème : selon des mémos internes exhumés dans le cadre du « Damascus Dossier », une enquête coordonnée par le Consortium international des journalistes d’investigation et une vingtaine de médias partenaires, Shorouk aurait été secrètement contrôlée par la Direction générale du renseignement syrien, l’un des piliers les plus redoutés du régime de Bachar el-Assad.</p><br><p>Ces révélations s’appuient sur plus de 134 000 documents obtenus par la chaîne allemande NDR et analysés par les journalistes. D’autres pièces internes, récupérées séparément, montrent qu’en juin 2019, un chèque de 50 millions de livres syriennes — environ 100 000 dollars à l’époque — aurait été adressé aux services de renseignement au titre de leur « part des bénéfices » dans l’entreprise.</p><br><p>Les Nations unies, de leur côté, affirment avoir respecté leurs procédures d’achat et mené une « diligence renforcée » au moment de la signature des contrats. Elles expliquent que l’environnement syrien était extrêmement contraint et que les options disponibles étaient limitées. En 2022, plusieurs licences d’entreprises concurrentes auraient été retirées par les autorités syriennes, ne laissant que deux sociétés « à haut risque » en lice : Shorouk et ProGuard.</p><br><p>Autre élément troublant : selon des mémos issus des services syriens, le régime aurait cherché à maintenir ces contrats coûte que coûte. Le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Fayçal Mekdad, écrit que ces sociétés permettaient de surveiller les activités « suspectes » de certains employés de l’ONU. Il évoque également un mécanisme financier avantageux pour l’État syrien : les paiements en dollars étaient convertis en livres syriennes au taux officiel — largement supérieur au taux du marché noir — ce qui permettait au Trésor public de capter la différence.</p><br><p>Les Nations unies assurent n’avoir identifié aucun élément prouvant que Shorouk ait espionné leurs employés. Elles soulignent également que les registres officiels syriens n’étaient pas des sources fiables et que leurs vérifications incluaient des recherches ouvertes et des analyses médiatiques.</p><p>Après la chute du régime en décembre 2024, Shorouk n’a pas disparu. L’entreprise a simplement changé de logo, adopté les couleurs du nouveau drapeau syrien et continué à recruter. Son dirigeant affirme que les nouvelles autorités ont audité ses activités et autorisé la poursuite de ses opérations.</p><p>Reste une question fondamentale : jusqu’où une organisation humanitaire peut-elle composer avec un régime autoritaire pour continuer à agir sur le terrain ? Pour certains anciens responsables onusiens, la complexité du contexte n’exonère pas d’une enquête approfondie sur les véritables bénéficiaires des contrats.</p><hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></description>
			<itunes:summary><![CDATA[<p>Au fond d’un centre commercial sans éclat de Damas, au bout d’un couloir sombre du quatrième étage, se cache un bureau sans plaque. Celui de Shorouk for Protection, Guarding and Security Services. Une simple pancarte prévient que l’endroit est sous vidéosurveillance. En apparence, une société de sécurité parmi d’autres. En réalité, selon des documents internes révélés par une vaste enquête internationale, bien davantage.</p><br><p>Durant la guerre civile syrienne, les Nations unies ont versé au moins 11 millions de dollars à cette entreprise pour protéger leurs bureaux dans le pays — notamment leur siège officieux installé à l’hôtel Four Seasons de Damas, ainsi que plusieurs antennes régionales. Entre 2014 et 2024, le Programme des Nations unies pour le développement lui aurait versé à lui seul 9 millions de dollars. Shorouk travaillait aussi pour d’autres agences onusiennes, comme l’Organisation mondiale de la santé ou le Programme alimentaire mondial.</p><br><p>Problème : selon des mémos internes exhumés dans le cadre du « Damascus Dossier », une enquête coordonnée par le Consortium international des journalistes d’investigation et une vingtaine de médias partenaires, Shorouk aurait été secrètement contrôlée par la Direction générale du renseignement syrien, l’un des piliers les plus redoutés du régime de Bachar el-Assad.</p><br><p>Ces révélations s’appuient sur plus de 134 000 documents obtenus par la chaîne allemande NDR et analysés par les journalistes. D’autres pièces internes, récupérées séparément, montrent qu’en juin 2019, un chèque de 50 millions de livres syriennes — environ 100 000 dollars à l’époque — aurait été adressé aux services de renseignement au titre de leur « part des bénéfices » dans l’entreprise.</p><br><p>Les Nations unies, de leur côté, affirment avoir respecté leurs procédures d’achat et mené une « diligence renforcée » au moment de la signature des contrats. Elles expliquent que l’environnement syrien était extrêmement contraint et que les options disponibles étaient limitées. En 2022, plusieurs licences d’entreprises concurrentes auraient été retirées par les autorités syriennes, ne laissant que deux sociétés « à haut risque » en lice : Shorouk et ProGuard.</p><br><p>Autre élément troublant : selon des mémos issus des services syriens, le régime aurait cherché à maintenir ces contrats coûte que coûte. Le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Fayçal Mekdad, écrit que ces sociétés permettaient de surveiller les activités « suspectes » de certains employés de l’ONU. Il évoque également un mécanisme financier avantageux pour l’État syrien : les paiements en dollars étaient convertis en livres syriennes au taux officiel — largement supérieur au taux du marché noir — ce qui permettait au Trésor public de capter la différence.</p><br><p>Les Nations unies assurent n’avoir identifié aucun élément prouvant que Shorouk ait espionné leurs employés. Elles soulignent également que les registres officiels syriens n’étaient pas des sources fiables et que leurs vérifications incluaient des recherches ouvertes et des analyses médiatiques.</p><p>Après la chute du régime en décembre 2024, Shorouk n’a pas disparu. L’entreprise a simplement changé de logo, adopté les couleurs du nouveau drapeau syrien et continué à recruter. Son dirigeant affirme que les nouvelles autorités ont audité ses activités et autorisé la poursuite de ses opérations.</p><p>Reste une question fondamentale : jusqu’où une organisation humanitaire peut-elle composer avec un régime autoritaire pour continuer à agir sur le terrain ? Pour certains anciens responsables onusiens, la complexité du contexte n’exonère pas d’une enquête approfondie sur les véritables bénéficiaires des contrats.</p><hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></itunes:summary>
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			<title>Somaliland : LE « nouveau » pays stratégique d’Afrique ?</title>
			<itunes:title>Somaliland : LE « nouveau » pays stratégique d’Afrique ?</itunes:title>
			<pubDate>Sun, 22 Feb 2026 18:00:00 GMT</pubDate>
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			<itunes:subtitle>Israël a été le premier pays à le reconnaitre officiellement.</itunes:subtitle>
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			<description><![CDATA[<p>Le 26 décembre dernier, une annonce venue de Tel-Aviv a pris de court diplomates et observateurs du monde entier. Israël a officiellement reconnu l’indépendance du Somaliland. Un geste historique, car cet État de la Corne de l’Afrique, qui s’est proclamé indépendant en 1991, n’avait jusqu’ici jamais été reconnu par un pays souverain.</p><p>Sur le terrain pourtant, le Somaliland fonctionne depuis plus de trois décennies comme un pays indépendant. Ce territoire de 4,5 millions d’habitants dispose de sa propre Constitution, d’une armée, d’une monnaie et d’institutions politiques relativement stables. Une situation qui contraste fortement avec celle de la Somalie, dont il s’est séparé après une guerre particulièrement violente à la fin des années 1980, souvent décrite comme ayant des caractéristiques génocidaires. </p><br><p>Aujourd’hui encore, la Somalie fédérale reste fragilisée par des attaques régulières menées par le groupe islamiste Al-Chabaab et par la branche locale de l’organisation État islamique. L’insécurité et la corruption y demeurent très élevées. À l’inverse, le Somaliland s’est forgé la réputation d’un territoire relativement pacifique et démocratique dans une région instable.</p><br><p>Pour de nombreux habitants, cette reconnaissance constitue un espoir d’ouverture vers le monde. Car les bénéfices potentiels sont considérables. Une reconnaissance internationale plus large permettrait au Somaliland d’obtenir l’acceptation officielle de ses passeports, facilitant les déplacements de ses citoyens. Elle ouvrirait également l’accès aux systèmes bancaires internationaux et aux financements d’institutions comme la Banque mondiale ou le Fonds monétaire international, essentiels pour financer les infrastructures et le développement économique.</p><br><p>Pour l’instant, Israël reste seul. Les États-Unis, malgré des discussions exploratoires, n’ont pas officiellement suivi cette décision. Selon certaines informations, des responsables américains ont récemment étudié les côtes du Somaliland en vue d’une possible implantation militaire, sans qu’aucune annonce officielle n’ait été faite. Cette reconnaissance israélienne a en revanche suscité une vive opposition. L’Union africaine, l’Égypte, la Turquie et plusieurs pays membres de l’Organisation de la coopération islamique ont réaffirmé leur attachement à l’intégrité territoriale de la Somalie. Pour ces États, reconnaître le Somaliland reviendrait à fragiliser un principe fondamental du droit international : celui de l’intangibilité des frontières héritées de la décolonisation.</p><br><p>La position stratégique du Somaliland constitue un facteur déterminant. Ses côtes bordent le golfe d’Aden, face au Yémen, à proximité du détroit de Bab el-Mandeb — un passage maritime crucial reliant la mer Rouge au canal de Suez. Cette zone est essentielle pour le commerce mondial et pour la sécurité maritime israélienne. Une présence alliée dans cette région offrirait un avantage stratégique face aux rebelles houthis au Yémen et à l’influence croissante de la Turquie.</p><br><p>Pour le Somaliland lui-même, les conséquences restent incertaines. À court terme, cette reconnaissance renforce la légitimité du gouvernement et nourrit l’espoir d’une reconnaissance internationale plus large. Mais elle comporte aussi des risques. Le groupe Al-Chabaab, qui avait jusqu’ici relativement épargné le Somaliland, pourrait considérer ce rapprochement avec Israël comme une provocation. Cette décision place donc le Somaliland à un tournant historique. Entre opportunité diplomatique et pari stratégique risqué, l’avenir de ce territoire dépendra désormais de la réaction du reste du monde — et de sa capacité à transformer cette reconnaissance symbolique en véritable reconnaissance internationale.</p><hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></description>
			<itunes:summary><![CDATA[<p>Le 26 décembre dernier, une annonce venue de Tel-Aviv a pris de court diplomates et observateurs du monde entier. Israël a officiellement reconnu l’indépendance du Somaliland. Un geste historique, car cet État de la Corne de l’Afrique, qui s’est proclamé indépendant en 1991, n’avait jusqu’ici jamais été reconnu par un pays souverain.</p><p>Sur le terrain pourtant, le Somaliland fonctionne depuis plus de trois décennies comme un pays indépendant. Ce territoire de 4,5 millions d’habitants dispose de sa propre Constitution, d’une armée, d’une monnaie et d’institutions politiques relativement stables. Une situation qui contraste fortement avec celle de la Somalie, dont il s’est séparé après une guerre particulièrement violente à la fin des années 1980, souvent décrite comme ayant des caractéristiques génocidaires. </p><br><p>Aujourd’hui encore, la Somalie fédérale reste fragilisée par des attaques régulières menées par le groupe islamiste Al-Chabaab et par la branche locale de l’organisation État islamique. L’insécurité et la corruption y demeurent très élevées. À l’inverse, le Somaliland s’est forgé la réputation d’un territoire relativement pacifique et démocratique dans une région instable.</p><br><p>Pour de nombreux habitants, cette reconnaissance constitue un espoir d’ouverture vers le monde. Car les bénéfices potentiels sont considérables. Une reconnaissance internationale plus large permettrait au Somaliland d’obtenir l’acceptation officielle de ses passeports, facilitant les déplacements de ses citoyens. Elle ouvrirait également l’accès aux systèmes bancaires internationaux et aux financements d’institutions comme la Banque mondiale ou le Fonds monétaire international, essentiels pour financer les infrastructures et le développement économique.</p><br><p>Pour l’instant, Israël reste seul. Les États-Unis, malgré des discussions exploratoires, n’ont pas officiellement suivi cette décision. Selon certaines informations, des responsables américains ont récemment étudié les côtes du Somaliland en vue d’une possible implantation militaire, sans qu’aucune annonce officielle n’ait été faite. Cette reconnaissance israélienne a en revanche suscité une vive opposition. L’Union africaine, l’Égypte, la Turquie et plusieurs pays membres de l’Organisation de la coopération islamique ont réaffirmé leur attachement à l’intégrité territoriale de la Somalie. Pour ces États, reconnaître le Somaliland reviendrait à fragiliser un principe fondamental du droit international : celui de l’intangibilité des frontières héritées de la décolonisation.</p><br><p>La position stratégique du Somaliland constitue un facteur déterminant. Ses côtes bordent le golfe d’Aden, face au Yémen, à proximité du détroit de Bab el-Mandeb — un passage maritime crucial reliant la mer Rouge au canal de Suez. Cette zone est essentielle pour le commerce mondial et pour la sécurité maritime israélienne. Une présence alliée dans cette région offrirait un avantage stratégique face aux rebelles houthis au Yémen et à l’influence croissante de la Turquie.</p><br><p>Pour le Somaliland lui-même, les conséquences restent incertaines. À court terme, cette reconnaissance renforce la légitimité du gouvernement et nourrit l’espoir d’une reconnaissance internationale plus large. Mais elle comporte aussi des risques. Le groupe Al-Chabaab, qui avait jusqu’ici relativement épargné le Somaliland, pourrait considérer ce rapprochement avec Israël comme une provocation. Cette décision place donc le Somaliland à un tournant historique. Entre opportunité diplomatique et pari stratégique risqué, l’avenir de ce territoire dépendra désormais de la réaction du reste du monde — et de sa capacité à transformer cette reconnaissance symbolique en véritable reconnaissance internationale.</p><hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></itunes:summary>
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			<title>Effondrement imminent pour « le glacier de l’apocalypse » ?</title>
			<itunes:title>Effondrement imminent pour « le glacier de l’apocalypse » ?</itunes:title>
			<pubDate>Thu, 19 Feb 2026 18:00:00 GMT</pubDate>
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			<itunes:subtitle>Une montée des eaux de 4 mètres nous menacerait en cas de fonte.</itunes:subtitle>
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			<description><![CDATA[<p>Il porte un surnom qui sonne comme une menace : le « glacier de l’apocalypse ». Son nom scientifique, lui, est plus discret : Thwaites. Mais ce gigantesque glacier de l’Antarctique est aujourd’hui au cœur d’une inquiétude mondiale. Car s’il venait à s’effondrer, ses conséquences pourraient redessiner les côtes de la planète.</p><br><p>À lui seul, ce glacier contient suffisamment d’eau pour faire monter le niveau des océans de plus de 60 centimètres. Et dans un scénario plus extrême, son effondrement pourrait déclencher une réaction en chaîne impliquant l’ensemble de la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental. Dans ce cas, la hausse des mers pourrait atteindre jusqu’à 4,5 mètres sur plusieurs siècles. Une perspective qui mettrait en danger des dizaines de millions de personnes vivant dans des zones côtières. Ce qui inquiète les scientifiques, ce n’est pas seulement sa taille — comparable à celle de la Floride — mais la vitesse à laquelle il se dégrade. </p><br><p>La longueur totale des fissures a doublé en vingt ans, passant d’environ 160 kilomètres à plus de 320 kilomètres. Ces fractures apparaissent notamment dans une zone appelée « zone de cisaillement », une région où les contraintes mécaniques sont particulièrement fortes. Résultat : la structure du glacier devient de plus en plus instable. Mais le danger ne vient pas seulement de la surface. Sous la glace, invisible à l’œil nu, un autre processus est à l’œuvre. Une autre étude révèle que les eaux océaniques plus chaudes s’infiltrent sous le glacier, provoquant une fonte accélérée. Ce phénomène peut évoluer rapidement, parfois en quelques jours seulement. Des courants tourbillonnants, appelés « eddies », larges de plusieurs kilomètres, creusent littéralement la base du glacier.</p><br><p>Selon une étude récente, un effondrement total dans les prochaines décennies reste peu probable. Mais les chercheurs estiment que le recul va continuer, et probablement s’accélérer tout au long du XXIᵉ et du XXIIᵉ siècle. Les conséquences seraient globales. Montée des océans, submersion de zones côtières, déplacements de populations. Et surtout, un effet domino possible sur d’autres glaciers de l’Antarctique. Face à ce risque, les scientifiques sont clairs : la meilleure solution reste la réduction rapide des émissions de gaz à effet de serre. Autrement dit, limiter le réchauffement climatique pourrait ralentir ce processus et éviter le pire. Car le glacier Thwaites n’est pas seulement une masse de glace isolée, perdue au bout du monde. C’est un indicateur. Un signal d’alarme. Et peut-être l’un des premiers témoins visibles des transformations profondes en cours sur notre planète.</p><hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></description>
			<itunes:summary><![CDATA[<p>Il porte un surnom qui sonne comme une menace : le « glacier de l’apocalypse ». Son nom scientifique, lui, est plus discret : Thwaites. Mais ce gigantesque glacier de l’Antarctique est aujourd’hui au cœur d’une inquiétude mondiale. Car s’il venait à s’effondrer, ses conséquences pourraient redessiner les côtes de la planète.</p><br><p>À lui seul, ce glacier contient suffisamment d’eau pour faire monter le niveau des océans de plus de 60 centimètres. Et dans un scénario plus extrême, son effondrement pourrait déclencher une réaction en chaîne impliquant l’ensemble de la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental. Dans ce cas, la hausse des mers pourrait atteindre jusqu’à 4,5 mètres sur plusieurs siècles. Une perspective qui mettrait en danger des dizaines de millions de personnes vivant dans des zones côtières. Ce qui inquiète les scientifiques, ce n’est pas seulement sa taille — comparable à celle de la Floride — mais la vitesse à laquelle il se dégrade. </p><br><p>La longueur totale des fissures a doublé en vingt ans, passant d’environ 160 kilomètres à plus de 320 kilomètres. Ces fractures apparaissent notamment dans une zone appelée « zone de cisaillement », une région où les contraintes mécaniques sont particulièrement fortes. Résultat : la structure du glacier devient de plus en plus instable. Mais le danger ne vient pas seulement de la surface. Sous la glace, invisible à l’œil nu, un autre processus est à l’œuvre. Une autre étude révèle que les eaux océaniques plus chaudes s’infiltrent sous le glacier, provoquant une fonte accélérée. Ce phénomène peut évoluer rapidement, parfois en quelques jours seulement. Des courants tourbillonnants, appelés « eddies », larges de plusieurs kilomètres, creusent littéralement la base du glacier.</p><br><p>Selon une étude récente, un effondrement total dans les prochaines décennies reste peu probable. Mais les chercheurs estiment que le recul va continuer, et probablement s’accélérer tout au long du XXIᵉ et du XXIIᵉ siècle. Les conséquences seraient globales. Montée des océans, submersion de zones côtières, déplacements de populations. Et surtout, un effet domino possible sur d’autres glaciers de l’Antarctique. Face à ce risque, les scientifiques sont clairs : la meilleure solution reste la réduction rapide des émissions de gaz à effet de serre. Autrement dit, limiter le réchauffement climatique pourrait ralentir ce processus et éviter le pire. Car le glacier Thwaites n’est pas seulement une masse de glace isolée, perdue au bout du monde. C’est un indicateur. Un signal d’alarme. Et peut-être l’un des premiers témoins visibles des transformations profondes en cours sur notre planète.</p><hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></itunes:summary>
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			<title>Interpol détourné par les pays les plus répressifs ?</title>
			<itunes:title>Interpol détourné par les pays les plus répressifs ?</itunes:title>
			<pubDate>Tue, 17 Feb 2026 18:00:00 GMT</pubDate>
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			<itunes:subtitle><![CDATA[Les outils sont parfois utilisés pour réprimer l'opposition.]]></itunes:subtitle>
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			<description><![CDATA[<p>Interpol. Un nom qui évoque les grandes traques internationales, les criminels arrêtés à l’autre bout du monde, les réseaux démantelés grâce à une coopération policière sans frontières. Créée il y a plus d’un siècle, l’organisation regroupe aujourd’hui 196 pays et joue un rôle clé dans la lutte contre le terrorisme, le narcotrafic, la traite d’êtres humains ou la cybercriminalité. C’est notamment grâce à cette coopération que des figures comme Radovan Karadzic et Ratko Mladic, responsables du génocide de Srebrenica. Mais derrière cette image d’élite mondiale de la police, une enquête fondée sur une fuite massive de documents internes, révélée par Disclose et la BBC, décrit une réalité beaucoup plus troublante. Selon cette enquête, les outils d’Interpol sont régulièrement détournés pour poursuivre non pas des criminels, mais des opposants politiques, des journalistes, ou des militants.</p><br><p>Au cœur du problème : les fameuses « notices rouges ». Ces fiches permettent à un État membre de demander l’arrestation d’une personne dans n’importe quel pays participant au réseau, en vue d’une extradition. Officiellement, ces demandes sont strictement encadrées. Les statuts d’Interpol interdisent explicitement toute intervention dans des affaires politiques, militaires, religieuses ou raciales. En pratique, pourtant, les abus sont nombreux.</p><br><p>Aujourd’hui, 86 000 notices rouges sont actives, mais moins de 10 % sont publiques. Cela signifie que la grande majorité des personnes visées ignorent qu’elles font l’objet d’un avis de recherche international. Beaucoup ne le découvrent qu’au moment le plus brutal : lors d’un contrôle de police ou à un passage de frontière, parfois dans des pays démocratiques. Selon les documents révélés par l’enquête, la Russie arrive en tête des pays ayant le plus de notices rouges en circulation, suivie par de nombreux États autoritaires. Sur les trente pays les plus actifs, vingt sont considérés comme non démocratiques.</p><br><p>La Russie illustre l’ampleur des dérives. Sur 194 dossiers liés à Moscou examinés en 2024, près de la moitié ne respectaient pas les règles d’Interpol. Face à ces abus, la Russie avait été placée sous surveillance renforcée en 2022. Mais selon les informations révélées par l’enquête, ces mesures ont récemment été assouplies, sans explication publique. D’autres pays sont également pointés du doigt. La Chine est accusée d’utiliser le système pour traquer des dissidents politiques ou des membres de la minorité ouïghoure. Le Tadjikistan aurait ciblé des opposants en exil sous couvert de lutte antiterroriste. Et la Turquie, selon une note interne datée de 2025, continue de poser des « défis » importants à l’organisation. Les dérives ne se limitent pas aux notices rouges. Certains États exploitent aussi d’autres outils d’Interpol. Par exemple, la Russie aurait utilisé le système de messagerie interne pour localiser des opposants à l’étranger. La Biélorussie, elle, aurait détourné la base de données des véhicules volés. En 2024, l’opposante Veronika Tsepkalo a été arrêtée à une frontière européenne parce que sa voiture figurait dans ce fichier. Deux mois plus tard, Interpol a retiré 83 véhicules liés à la Biélorussie, reconnaissant implicitement des anomalies.</p><hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></description>
			<itunes:summary><![CDATA[<p>Interpol. Un nom qui évoque les grandes traques internationales, les criminels arrêtés à l’autre bout du monde, les réseaux démantelés grâce à une coopération policière sans frontières. Créée il y a plus d’un siècle, l’organisation regroupe aujourd’hui 196 pays et joue un rôle clé dans la lutte contre le terrorisme, le narcotrafic, la traite d’êtres humains ou la cybercriminalité. C’est notamment grâce à cette coopération que des figures comme Radovan Karadzic et Ratko Mladic, responsables du génocide de Srebrenica. Mais derrière cette image d’élite mondiale de la police, une enquête fondée sur une fuite massive de documents internes, révélée par Disclose et la BBC, décrit une réalité beaucoup plus troublante. Selon cette enquête, les outils d’Interpol sont régulièrement détournés pour poursuivre non pas des criminels, mais des opposants politiques, des journalistes, ou des militants.</p><br><p>Au cœur du problème : les fameuses « notices rouges ». Ces fiches permettent à un État membre de demander l’arrestation d’une personne dans n’importe quel pays participant au réseau, en vue d’une extradition. Officiellement, ces demandes sont strictement encadrées. Les statuts d’Interpol interdisent explicitement toute intervention dans des affaires politiques, militaires, religieuses ou raciales. En pratique, pourtant, les abus sont nombreux.</p><br><p>Aujourd’hui, 86 000 notices rouges sont actives, mais moins de 10 % sont publiques. Cela signifie que la grande majorité des personnes visées ignorent qu’elles font l’objet d’un avis de recherche international. Beaucoup ne le découvrent qu’au moment le plus brutal : lors d’un contrôle de police ou à un passage de frontière, parfois dans des pays démocratiques. Selon les documents révélés par l’enquête, la Russie arrive en tête des pays ayant le plus de notices rouges en circulation, suivie par de nombreux États autoritaires. Sur les trente pays les plus actifs, vingt sont considérés comme non démocratiques.</p><br><p>La Russie illustre l’ampleur des dérives. Sur 194 dossiers liés à Moscou examinés en 2024, près de la moitié ne respectaient pas les règles d’Interpol. Face à ces abus, la Russie avait été placée sous surveillance renforcée en 2022. Mais selon les informations révélées par l’enquête, ces mesures ont récemment été assouplies, sans explication publique. D’autres pays sont également pointés du doigt. La Chine est accusée d’utiliser le système pour traquer des dissidents politiques ou des membres de la minorité ouïghoure. Le Tadjikistan aurait ciblé des opposants en exil sous couvert de lutte antiterroriste. Et la Turquie, selon une note interne datée de 2025, continue de poser des « défis » importants à l’organisation. Les dérives ne se limitent pas aux notices rouges. Certains États exploitent aussi d’autres outils d’Interpol. Par exemple, la Russie aurait utilisé le système de messagerie interne pour localiser des opposants à l’étranger. La Biélorussie, elle, aurait détourné la base de données des véhicules volés. En 2024, l’opposante Veronika Tsepkalo a été arrêtée à une frontière européenne parce que sa voiture figurait dans ce fichier. Deux mois plus tard, Interpol a retiré 83 véhicules liés à la Biélorussie, reconnaissant implicitement des anomalies.</p><hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></itunes:summary>
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			<title>Des drogues hallucinogènes pour soigner la dépression ?</title>
			<itunes:title>Des drogues hallucinogènes pour soigner la dépression ?</itunes:title>
			<pubDate>Sun, 15 Feb 2026 18:00:00 GMT</pubDate>
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			<itunes:subtitle><![CDATA[Les chercheurs s'intéressent au psilocybine, le principe actif des champignons hallucinogènes.]]></itunes:subtitle>
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			<description><![CDATA[<p>À écouter certains témoignages, les psychédéliques ressemblent à une porte de sortie. À en croire d’autres, ils peuvent être un piège. C’est cette tension, entre promesse thérapeutique et risques bien réels, qui place aujourd’hui médecins, régulateurs et politiques devant un dilemme : faut-il autoriser, un jour, la prescription encadrée de substances comme la psilocybine — le principe actif des « champignons hallucinogènes » — dans le traitement de troubles psychiatriques ?</p><br><p>Larissa Hope en est convaincue. Elle raconte qu’une faible dose de psilocybine, prise sous supervision clinique, a été un tournant. À 17 ans, alors qu’elle démarrait sa carrière d’actrice et venait d’être choisie pour la série télévisée Skins, la célébrité aurait fait remonter un traumatisme jusque-là enfoui. Les antidépresseurs, dit-elle, n’ont pas été efficaces. En revanche, cette séance encadrée, associée à une thérapie, l’aurait aidée à affronter des pensées suicidaires. </p><br><p>Mais l’histoire de Jules Evans est l’exact opposé. Chercheur universitaire, il a pris du LSD à 18 ans, de façon récréative, et décrit une expérience terrifiante, avec des idées délirantes : l’impression que tout le monde parlait de lui, le jugeait, le condamnait. « J’ai cru m’être abîmé pour toujours », dit-il. « Le pire moment de ma vie. » Des années après, il affirme avoir souffert d’anxiété sociale et d’attaques de panique, avant un diagnostic de stress post-traumatique. Il dirige aujourd’hui un projet d’aide aux personnes ayant vécu des « bad trips » — ces expériences psychédéliques extrêmement difficiles.</p><br><p>Depuis 2022, plus de vingt essais ont testé différentes substances pour des troubles comme la dépression, le PTSD ou l’addiction. Beaucoup de résultats paraissent encourageants ; d’autres sont plus mitigés, parfois difficiles à interpréter ; et quelques essais n’ont pas montré de bénéfice sur leurs critères principaux. L’un des essais les plus attendus concerne la psilocybine : un grand essai clinique mené par l’entreprise britannique Compass Pathways, dont les résultats sont annoncés plus tard cette année. Le régulateur britannique du médicament attend ces données au moment d’évaluer un éventuel assouplissement des règles, afin d’autoriser ou non, un usage médical au-delà des seuls protocoles de recherche.</p><br><p>Dans le monde médical, l’intérêt existe, mais la prudence domine. Le professeur Oliver Howes, qui préside le comité de psychopharmacologie du Royal College of Psychiatrists, se dit optimiste sur le potentiel : ces traitements sont « prometteurs » et pourraient agir plus vite que certains antidépresseurs. Mais il insiste : il faut des preuves solides et éviter l’emballement. Un rapport publié par le Royal College of Psychiatrists en septembre 2025 a d’ailleurs rappelé les dangers possibles et la nécessité d’un encadrement strict.</p><br><p>Des voix appellent à ralentir. Une analyse publiée dans le British Medical Journal en novembre 2024 souligne une difficulté centrale : dans beaucoup d’essais, psychédéliques et psychothérapie sont étroitement liés, ce qui complique l’identification de l’effet propre de la molécule. L’analyse avertit aussi que des essais courts peuvent manquer des effets indésirables à long terme, et qu’il faut considérer les risques de mésusage.</p><br><p>Les données sur les expériences difficiles existent aussi : le projet dirigé par Jules Evans rapporte qu’une majorité d’usagers réguliers interrogés disent avoir vécu un trip très éprouvant ; une part non négligeable évoque des pensées d’automutilation ou d’agression après une expérience difficile, et certains décrivent une altération qui dure plus d’une journée, parfois bien davantage. Pour Oliver Howes, le message est clair : hormis la kétamine dans un cadre médical particulier, ces traitements ne doivent pas devenir routiniers en dehors de la recherche tant que de grands essais rigoureux n’ont pas établi leur rapport bénéfice-risque.</p><hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></description>
			<itunes:summary><![CDATA[<p>À écouter certains témoignages, les psychédéliques ressemblent à une porte de sortie. À en croire d’autres, ils peuvent être un piège. C’est cette tension, entre promesse thérapeutique et risques bien réels, qui place aujourd’hui médecins, régulateurs et politiques devant un dilemme : faut-il autoriser, un jour, la prescription encadrée de substances comme la psilocybine — le principe actif des « champignons hallucinogènes » — dans le traitement de troubles psychiatriques ?</p><br><p>Larissa Hope en est convaincue. Elle raconte qu’une faible dose de psilocybine, prise sous supervision clinique, a été un tournant. À 17 ans, alors qu’elle démarrait sa carrière d’actrice et venait d’être choisie pour la série télévisée Skins, la célébrité aurait fait remonter un traumatisme jusque-là enfoui. Les antidépresseurs, dit-elle, n’ont pas été efficaces. En revanche, cette séance encadrée, associée à une thérapie, l’aurait aidée à affronter des pensées suicidaires. </p><br><p>Mais l’histoire de Jules Evans est l’exact opposé. Chercheur universitaire, il a pris du LSD à 18 ans, de façon récréative, et décrit une expérience terrifiante, avec des idées délirantes : l’impression que tout le monde parlait de lui, le jugeait, le condamnait. « J’ai cru m’être abîmé pour toujours », dit-il. « Le pire moment de ma vie. » Des années après, il affirme avoir souffert d’anxiété sociale et d’attaques de panique, avant un diagnostic de stress post-traumatique. Il dirige aujourd’hui un projet d’aide aux personnes ayant vécu des « bad trips » — ces expériences psychédéliques extrêmement difficiles.</p><br><p>Depuis 2022, plus de vingt essais ont testé différentes substances pour des troubles comme la dépression, le PTSD ou l’addiction. Beaucoup de résultats paraissent encourageants ; d’autres sont plus mitigés, parfois difficiles à interpréter ; et quelques essais n’ont pas montré de bénéfice sur leurs critères principaux. L’un des essais les plus attendus concerne la psilocybine : un grand essai clinique mené par l’entreprise britannique Compass Pathways, dont les résultats sont annoncés plus tard cette année. Le régulateur britannique du médicament attend ces données au moment d’évaluer un éventuel assouplissement des règles, afin d’autoriser ou non, un usage médical au-delà des seuls protocoles de recherche.</p><br><p>Dans le monde médical, l’intérêt existe, mais la prudence domine. Le professeur Oliver Howes, qui préside le comité de psychopharmacologie du Royal College of Psychiatrists, se dit optimiste sur le potentiel : ces traitements sont « prometteurs » et pourraient agir plus vite que certains antidépresseurs. Mais il insiste : il faut des preuves solides et éviter l’emballement. Un rapport publié par le Royal College of Psychiatrists en septembre 2025 a d’ailleurs rappelé les dangers possibles et la nécessité d’un encadrement strict.</p><br><p>Des voix appellent à ralentir. Une analyse publiée dans le British Medical Journal en novembre 2024 souligne une difficulté centrale : dans beaucoup d’essais, psychédéliques et psychothérapie sont étroitement liés, ce qui complique l’identification de l’effet propre de la molécule. L’analyse avertit aussi que des essais courts peuvent manquer des effets indésirables à long terme, et qu’il faut considérer les risques de mésusage.</p><br><p>Les données sur les expériences difficiles existent aussi : le projet dirigé par Jules Evans rapporte qu’une majorité d’usagers réguliers interrogés disent avoir vécu un trip très éprouvant ; une part non négligeable évoque des pensées d’automutilation ou d’agression après une expérience difficile, et certains décrivent une altération qui dure plus d’une journée, parfois bien davantage. Pour Oliver Howes, le message est clair : hormis la kétamine dans un cadre médical particulier, ces traitements ne doivent pas devenir routiniers en dehors de la recherche tant que de grands essais rigoureux n’ont pas établi leur rapport bénéfice-risque.</p><hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></itunes:summary>
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			<title>Câbles sous-marins, le secteur à contrôler absolument ?</title>
			<itunes:title>Câbles sous-marins, le secteur à contrôler absolument ?</itunes:title>
			<pubDate>Thu, 12 Feb 2026 18:00:00 GMT</pubDate>
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			<itunes:subtitle><![CDATA[Les grandes nations s'y livrent une bataille acharnée.]]></itunes:subtitle>
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			<description><![CDATA[<p>Depuis une quinzaine d’années, la Chine conteste la domination américaine sur ce réseau mondial. Résultat : Washington, longtemps partisan d’un marché libéralisé, intervient de plus en plus directement. L’État américain pèse sur les entreprises privées qui construisent et exploitent ces câbles, au nom de la sécurité nationale. </p><br><p>En parallèle, l’Asie monte en puissance, avec des investissements chinois massifs. Aujourd’hui, la pose de ces câbles est dominée par quelques acteurs : des entreprises françaises comme Alcatel Submarine Networks, japonaises comme NEC, américaines comme SubCom, et chinoises comme Huawei Marine Networks, qui représente environ 10 % du marché. Les géants du numérique financent aussi leurs propres infrastructures. Meta, par exemple, a annoncé en 2024 investir 10 milliards de dollars dans un câble de 40 000 kilomètres faisant presque le tour du globe, pour son usage exclusif.</p><br><p>Les États-Unis, eux, surveillent de près. Le cadre juridique du Foreign Intelligence Surveillance Act permet des collectes de données dites « upstream », directement sur les câbles. Une cellule informelle, surnommée « Team Telecom », rattachée au FBI et au ministère de la Justice, examine les projets pour empêcher des entreprises étrangères de prendre le contrôle d’infrastructures sensibles. </p><br><p>Conséquence : les entreprises contournent Pékin. De nouveaux tracés évitent la mer de Chine méridionale. Des câbles comme Apricot ou Echo relient Singapour, le Japon ou les États-Unis sans passer par les zones sensibles. Car la vulnérabilité est réelle. Un câble coupé, et des régions entières peuvent être isolées. La Russie l’a bien compris : ses activités sous-marines en mer du Nord inquiètent. Sabotage, espionnage, pression militaire… Les fonds marins redeviennent un terrain stratégique digne de la guerre froide.</p><br><p>Face à cette polarisation sino-américaine, d’autres cherchent une troisième voie. L’Union européenne tente de bâtir sa propre stratégie. Avec le programme Global Gateway, elle promet 300 milliards d’euros pour renforcer ses connexions vers l’Asie, l’Afrique et l’Amérique du Sud, via des routes alternatives. Des projets méditerranéens ou caucasiens sont lancés, même si les budgets restent modestes.</p><hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></description>
			<itunes:summary><![CDATA[<p>Depuis une quinzaine d’années, la Chine conteste la domination américaine sur ce réseau mondial. Résultat : Washington, longtemps partisan d’un marché libéralisé, intervient de plus en plus directement. L’État américain pèse sur les entreprises privées qui construisent et exploitent ces câbles, au nom de la sécurité nationale. </p><br><p>En parallèle, l’Asie monte en puissance, avec des investissements chinois massifs. Aujourd’hui, la pose de ces câbles est dominée par quelques acteurs : des entreprises françaises comme Alcatel Submarine Networks, japonaises comme NEC, américaines comme SubCom, et chinoises comme Huawei Marine Networks, qui représente environ 10 % du marché. Les géants du numérique financent aussi leurs propres infrastructures. Meta, par exemple, a annoncé en 2024 investir 10 milliards de dollars dans un câble de 40 000 kilomètres faisant presque le tour du globe, pour son usage exclusif.</p><br><p>Les États-Unis, eux, surveillent de près. Le cadre juridique du Foreign Intelligence Surveillance Act permet des collectes de données dites « upstream », directement sur les câbles. Une cellule informelle, surnommée « Team Telecom », rattachée au FBI et au ministère de la Justice, examine les projets pour empêcher des entreprises étrangères de prendre le contrôle d’infrastructures sensibles. </p><br><p>Conséquence : les entreprises contournent Pékin. De nouveaux tracés évitent la mer de Chine méridionale. Des câbles comme Apricot ou Echo relient Singapour, le Japon ou les États-Unis sans passer par les zones sensibles. Car la vulnérabilité est réelle. Un câble coupé, et des régions entières peuvent être isolées. La Russie l’a bien compris : ses activités sous-marines en mer du Nord inquiètent. Sabotage, espionnage, pression militaire… Les fonds marins redeviennent un terrain stratégique digne de la guerre froide.</p><br><p>Face à cette polarisation sino-américaine, d’autres cherchent une troisième voie. L’Union européenne tente de bâtir sa propre stratégie. Avec le programme Global Gateway, elle promet 300 milliards d’euros pour renforcer ses connexions vers l’Asie, l’Afrique et l’Amérique du Sud, via des routes alternatives. Des projets méditerranéens ou caucasiens sont lancés, même si les budgets restent modestes.</p><hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></itunes:summary>
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			<title>60 % des sportifs victimes de violences en club ?</title>
			<itunes:title>60 % des sportifs victimes de violences en club ?</itunes:title>
			<pubDate>Tue, 10 Feb 2026 18:00:00 GMT</pubDate>
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			<itunes:subtitle>2 250 athlètes âgés de 14 à 45 ans ont été interrogés par des chercheurs en 2024.</itunes:subtitle>
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			<description><![CDATA[<p>En France, près de six sportifs sur dix déclarent avoir subi des violences au sein de leur club. Pas seulement des incidents isolés, mais des agressions psychologiques, physiques, sexuelles ou liées à la négligence. Des faits qui restent souvent invisibles, parce que les victimes parlent peu, par peur, par honte ou parce qu’elles ne savent même pas toujours que ce qu’elles ont vécu relève de la violence. Une étude menée en 2024 auprès de 2 250 athlètes âgés de 14 à 45 ans dresse pour la première fois un tableau précis de la situation. Les chercheurs ont interrogé des pratiquants amateurs comme compétitifs. Résultat : 59 % des répondants disent avoir subi au moins une forme de violence depuis leur arrivée dans leur club actuel.</p><br><p>À l’étranger, d’autres travaux arrivent aux mêmes conclusions : la violence psychologique est la plus répandue. Elle est d’autant plus insidieuse qu’elle se confond avec les normes du milieu sportif. On encourage les athlètes à « s’endurcir », à « accepter la douleur », à « se sacrifier ». Cette culture de la dureté brouille la frontière entre exigence et abus. L’étude montre aussi que les violences ne surviennent presque jamais seules. Elles se cumulent. </p><br><p>Certains sports apparaissent plus exposés. Les sports collectifs — football, rugby, handball, basket — ainsi que les sports de combat présentent davantage de violences physiques, sans doute à cause des contacts fréquents et des dynamiques de rivalité. Chez les hommes de plus de 20 ans pratiquant un sport collectif, 57 % déclarent des violences physiques. À l’inverse, les sports dits de précision ou artistiques — tir à l’arc, danse, gymnastique rythmique, natation synchronisée — affichent des taux beaucoup plus faibles, autour de 7 %.</p><br><p>Autre facteur déterminant : le niveau de pratique. Plus la compétition est élevée, plus le risque grimpe. Les athlètes de niveau national ou international sont particulièrement exposés. Chez les sportifs de haut niveau de moins de 35 ans, 73 % déclarent des violences psychologiques. La quête de performance, la pression constante, la normalisation de la douleur créent un climat propice aux excès. Ce qui serait inacceptable ailleurs devient parfois toléré au nom du résultat. Les violences sexuelles, elles, touchent un sportif sur cinq. </p><br><p>Un détail a particulièrement frappé les chercheurs : les sportifs ayant vécu des violences sont aussi ceux qui abandonnent le plus souvent le questionnaire avant la fin. Comme si évoquer ces souvenirs était trop douloureux. Cela laisse penser que les chiffres réels sont encore plus élevés. Ce constat pose une question essentielle : comment faire du sport un espace réellement protecteur ?</p><br><p>Source&nbsp;:&nbsp;<a href="https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/01937235251410871" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/01937235251410871</a></p><hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></description>
			<itunes:summary><![CDATA[<p>En France, près de six sportifs sur dix déclarent avoir subi des violences au sein de leur club. Pas seulement des incidents isolés, mais des agressions psychologiques, physiques, sexuelles ou liées à la négligence. Des faits qui restent souvent invisibles, parce que les victimes parlent peu, par peur, par honte ou parce qu’elles ne savent même pas toujours que ce qu’elles ont vécu relève de la violence. Une étude menée en 2024 auprès de 2 250 athlètes âgés de 14 à 45 ans dresse pour la première fois un tableau précis de la situation. Les chercheurs ont interrogé des pratiquants amateurs comme compétitifs. Résultat : 59 % des répondants disent avoir subi au moins une forme de violence depuis leur arrivée dans leur club actuel.</p><br><p>À l’étranger, d’autres travaux arrivent aux mêmes conclusions : la violence psychologique est la plus répandue. Elle est d’autant plus insidieuse qu’elle se confond avec les normes du milieu sportif. On encourage les athlètes à « s’endurcir », à « accepter la douleur », à « se sacrifier ». Cette culture de la dureté brouille la frontière entre exigence et abus. L’étude montre aussi que les violences ne surviennent presque jamais seules. Elles se cumulent. </p><br><p>Certains sports apparaissent plus exposés. Les sports collectifs — football, rugby, handball, basket — ainsi que les sports de combat présentent davantage de violences physiques, sans doute à cause des contacts fréquents et des dynamiques de rivalité. Chez les hommes de plus de 20 ans pratiquant un sport collectif, 57 % déclarent des violences physiques. À l’inverse, les sports dits de précision ou artistiques — tir à l’arc, danse, gymnastique rythmique, natation synchronisée — affichent des taux beaucoup plus faibles, autour de 7 %.</p><br><p>Autre facteur déterminant : le niveau de pratique. Plus la compétition est élevée, plus le risque grimpe. Les athlètes de niveau national ou international sont particulièrement exposés. Chez les sportifs de haut niveau de moins de 35 ans, 73 % déclarent des violences psychologiques. La quête de performance, la pression constante, la normalisation de la douleur créent un climat propice aux excès. Ce qui serait inacceptable ailleurs devient parfois toléré au nom du résultat. Les violences sexuelles, elles, touchent un sportif sur cinq. </p><br><p>Un détail a particulièrement frappé les chercheurs : les sportifs ayant vécu des violences sont aussi ceux qui abandonnent le plus souvent le questionnaire avant la fin. Comme si évoquer ces souvenirs était trop douloureux. Cela laisse penser que les chiffres réels sont encore plus élevés. Ce constat pose une question essentielle : comment faire du sport un espace réellement protecteur ?</p><br><p>Source&nbsp;:&nbsp;<a href="https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/01937235251410871" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/01937235251410871</a></p><hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></itunes:summary>
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			<title><![CDATA[UATX : l'université « anti-cancel » qui s'est cancel toute seule]]></title>
			<itunes:title><![CDATA[UATX : l'université « anti-cancel » qui s'est cancel toute seule]]></itunes:title>
			<pubDate>Sun, 08 Feb 2026 18:00:00 GMT</pubDate>
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			<itunes:subtitle><![CDATA[Son idéologie "anti woke" a finalement muselé la liberté d'expression.]]></itunes:subtitle>
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			<description><![CDATA[<p>En 2021, en pleine tempête culturelle autour de la « cancel culture », un groupe d’intellectuels et d’entrepreneurs américains se présente comme les nouveaux martyrs de la liberté d’expression. Leur promesse : sauver l’université américaine d’un climat jugé trop « woke », trop censeur, trop politiquement correct. Leur projet porte un nom ambitieux : University of Austin, ou UATX.</p><br><p>Sur le papier, l’idée séduit certains. Créer un campus où toutes les idées, même les plus controversées, pourraient s’exprimer sans crainte. Un lieu où les étudiants ne se sentiraient pas surveillés par une « police morale » progressiste. Une université qui refuserait tout test idéologique. Bref, un sanctuaire pour la liberté académique.</p><p>Mais dès le départ, des voix critiques doutent. UATX n’est pas accréditée officiellement. Elle s’installe dans un ancien magasin du centre-ville d’Austin, loin des campus traditionnels. Et surtout, elle est financée par de riches donateurs ouvertement « anti-woke », comme Joseph Lonsdale, milliardaire libertarien et figure influente de la tech conservatrice. Pour certains observateurs, le projet ressemble moins à une université pluraliste qu’à une future chambre d’écho idéologique de droite.</p><br><p>Les années passent, et les soupçons semblent se confirmer. Selon une enquête détaillée publiée par Politico, un épisode clé survient en avril 2025. Ce jour-là, Joseph Lonsdale convoque une réunion générale avec l’ensemble du personnel. Et le ton change radicalement. D’après plusieurs témoignages recueillis par le média, le financier impose alors une ligne politique claire. Les professeurs et employés doivent adhérer à ce qu’il appelle quatre principes : l’anti-communisme, l’anti-socialisme, le rejet des politiques identitaires et l’anti-islamisme. Ceux qui ne s’aligneraient pas sur ces positions risqueraient d’être mis à l’écart.</p><br><p>Pourtant, UATX s’était dotée d’une charte constitutionnelle interne censée garantir des procédures démocratiques pour gérer les désaccords. Mais, selon plusieurs employés, ces mécanismes se seraient évaporés dès que des figures influentes comme Lonsdale intervenaient. Les décisions semblaient descendre d’en haut, sans réelle concertation. L’un des membres du staff résume la situation avec une image parlante : « On construisait l’avion pendant qu’on volait. » Une institution improvisée, instable, et de plus en plus dépendante de ses mécènes.</p><hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></description>
			<itunes:summary><![CDATA[<p>En 2021, en pleine tempête culturelle autour de la « cancel culture », un groupe d’intellectuels et d’entrepreneurs américains se présente comme les nouveaux martyrs de la liberté d’expression. Leur promesse : sauver l’université américaine d’un climat jugé trop « woke », trop censeur, trop politiquement correct. Leur projet porte un nom ambitieux : University of Austin, ou UATX.</p><br><p>Sur le papier, l’idée séduit certains. Créer un campus où toutes les idées, même les plus controversées, pourraient s’exprimer sans crainte. Un lieu où les étudiants ne se sentiraient pas surveillés par une « police morale » progressiste. Une université qui refuserait tout test idéologique. Bref, un sanctuaire pour la liberté académique.</p><p>Mais dès le départ, des voix critiques doutent. UATX n’est pas accréditée officiellement. Elle s’installe dans un ancien magasin du centre-ville d’Austin, loin des campus traditionnels. Et surtout, elle est financée par de riches donateurs ouvertement « anti-woke », comme Joseph Lonsdale, milliardaire libertarien et figure influente de la tech conservatrice. Pour certains observateurs, le projet ressemble moins à une université pluraliste qu’à une future chambre d’écho idéologique de droite.</p><br><p>Les années passent, et les soupçons semblent se confirmer. Selon une enquête détaillée publiée par Politico, un épisode clé survient en avril 2025. Ce jour-là, Joseph Lonsdale convoque une réunion générale avec l’ensemble du personnel. Et le ton change radicalement. D’après plusieurs témoignages recueillis par le média, le financier impose alors une ligne politique claire. Les professeurs et employés doivent adhérer à ce qu’il appelle quatre principes : l’anti-communisme, l’anti-socialisme, le rejet des politiques identitaires et l’anti-islamisme. Ceux qui ne s’aligneraient pas sur ces positions risqueraient d’être mis à l’écart.</p><br><p>Pourtant, UATX s’était dotée d’une charte constitutionnelle interne censée garantir des procédures démocratiques pour gérer les désaccords. Mais, selon plusieurs employés, ces mécanismes se seraient évaporés dès que des figures influentes comme Lonsdale intervenaient. Les décisions semblaient descendre d’en haut, sans réelle concertation. L’un des membres du staff résume la situation avec une image parlante : « On construisait l’avion pendant qu’on volait. » Une institution improvisée, instable, et de plus en plus dépendante de ses mécènes.</p><hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></itunes:summary>
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			<title>Nostalgie X Stranger Things : succès assuré ?</title>
			<itunes:title>Nostalgie X Stranger Things : succès assuré ?</itunes:title>
			<pubDate>Thu, 05 Feb 2026 18:00:00 GMT</pubDate>
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			<itunes:subtitle>La nostalgie offre de nombreuses opportunité marketing à la série.</itunes:subtitle>
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			<description><![CDATA[<p>Miser sur les icônes des années 1980, saturer l’espace public et inscrire une série dans la durée : pour sa cinquième et dernière saison, Stranger Things déploie une stratégie marketing d’une ampleur rarement vue. Derrière les pop-up stores, les collaborations de marques et les événements géants orchestrés par Netflix, un fil rouge relie la narration, l’esthétique et la promotion : la nostalgie.</p><br><p>Depuis son lancement en 2016, la série des frères Duffer a bâti son identité sur un imaginaire très concret, fait d’objets immédiatement reconnaissables. Téléviseurs à tube cathodique, cassettes audio, walkmans, talkies-walkies, flippers ou bornes d’arcade : ces artefacts des années 1980 ne servent pas seulement de décor. Ils agissent comme des déclencheurs émotionnels.</p><br><p>Mais l’efficacité de cette nostalgie dépasse la simple accumulation d’objets vintage. Elle repose aussi sur l’association à des marques emblématiques, devenues un véritable langage visuel de la culture pop. Les placements de produits, assumés, participent à la crédibilité de l’univers. Boissons comme Coca-Cola ou Sunny Delight, objets technologiques – radios Sanyo, radio-cassettes, casques stéréo KOSS – ou encore produits associés à l’enfance : crayons Crayola, pâte à modeler Play-Doh, Bisounours, G.I. Joe ou Rainbow Brite. Ces références matérialisent une époque que certains spectateurs ont vécue, et que d’autres idéalisent ou fantasment.</p><br><p>La chercheuse Svetlana Boym parlait de nostalgie « restauratrice » : un passé reconstruit, lissé, présenté comme un refuge face à un présent perçu comme plus anxiogène. C’est exactement ce que met en scène Stranger Things. Hawkins, la ville fictive de l’intrigue, incarne une banlieue américaine idéalisée, héritée de la guerre froide : tranquillité domestique, vie centrée sur l’enfant, télévision, convivialité. Un décor rassurant, régulièrement fissuré par l’irruption du monde à l’envers. Plus la menace progresse, plus l’esthétique nostalgique se densifie, soutenue par une bande-son saturée de tubes des années 1980.</p><br><p>Cette nostalgie fonctionne comme un rempart symbolique. Les héros grandissent au fil des saisons, passant de l’enfance à l’âge adulte, mais évoluent dans un monde figé par des repères familiers. Par effet miroir, le spectateur avance lui aussi dans le temps. C’est là l’intuition centrale des frères Duffer : transformer la nostalgie en espace émotionnel partagé, capable de rassembler plusieurs générations autour d’un passé commun recomposé.</p><br><p>Pour ce dernier chapitre, Netflix pousse la logique nostalgique jusqu’au rituel. La diffusion est étalée en trois temps : Thanksgiving, Noël et le Nouvel An. En s’ancrant dans ce calendrier affectif, la série devient elle-même un rendez-vous mémoriel. La nostalgie du passé reconstitué se mêle à celle du présent : les spectateurs regardent la fin en se souvenant de la découverte de la série près de dix ans plus tôt. Avec le slogan « One last adventure », Stranger Things célèbre sa conclusion à l’échelle mondiale. Événements participatifs, animations urbaines, expériences physiques et virtuelles accompagnent la fin du récit. La série s’achève, mais son imaginaire, lui, s’installe dans la durée, prolongé par des projets dérivés comme la pièce The First Shadow ou la série animée Chroniques de 1985. Stranger Things quitte l’écran, mais s’inscrit définitivement dans la postérité culturelle.</p><hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></description>
			<itunes:summary><![CDATA[<p>Miser sur les icônes des années 1980, saturer l’espace public et inscrire une série dans la durée : pour sa cinquième et dernière saison, Stranger Things déploie une stratégie marketing d’une ampleur rarement vue. Derrière les pop-up stores, les collaborations de marques et les événements géants orchestrés par Netflix, un fil rouge relie la narration, l’esthétique et la promotion : la nostalgie.</p><br><p>Depuis son lancement en 2016, la série des frères Duffer a bâti son identité sur un imaginaire très concret, fait d’objets immédiatement reconnaissables. Téléviseurs à tube cathodique, cassettes audio, walkmans, talkies-walkies, flippers ou bornes d’arcade : ces artefacts des années 1980 ne servent pas seulement de décor. Ils agissent comme des déclencheurs émotionnels.</p><br><p>Mais l’efficacité de cette nostalgie dépasse la simple accumulation d’objets vintage. Elle repose aussi sur l’association à des marques emblématiques, devenues un véritable langage visuel de la culture pop. Les placements de produits, assumés, participent à la crédibilité de l’univers. Boissons comme Coca-Cola ou Sunny Delight, objets technologiques – radios Sanyo, radio-cassettes, casques stéréo KOSS – ou encore produits associés à l’enfance : crayons Crayola, pâte à modeler Play-Doh, Bisounours, G.I. Joe ou Rainbow Brite. Ces références matérialisent une époque que certains spectateurs ont vécue, et que d’autres idéalisent ou fantasment.</p><br><p>La chercheuse Svetlana Boym parlait de nostalgie « restauratrice » : un passé reconstruit, lissé, présenté comme un refuge face à un présent perçu comme plus anxiogène. C’est exactement ce que met en scène Stranger Things. Hawkins, la ville fictive de l’intrigue, incarne une banlieue américaine idéalisée, héritée de la guerre froide : tranquillité domestique, vie centrée sur l’enfant, télévision, convivialité. Un décor rassurant, régulièrement fissuré par l’irruption du monde à l’envers. Plus la menace progresse, plus l’esthétique nostalgique se densifie, soutenue par une bande-son saturée de tubes des années 1980.</p><br><p>Cette nostalgie fonctionne comme un rempart symbolique. Les héros grandissent au fil des saisons, passant de l’enfance à l’âge adulte, mais évoluent dans un monde figé par des repères familiers. Par effet miroir, le spectateur avance lui aussi dans le temps. C’est là l’intuition centrale des frères Duffer : transformer la nostalgie en espace émotionnel partagé, capable de rassembler plusieurs générations autour d’un passé commun recomposé.</p><br><p>Pour ce dernier chapitre, Netflix pousse la logique nostalgique jusqu’au rituel. La diffusion est étalée en trois temps : Thanksgiving, Noël et le Nouvel An. En s’ancrant dans ce calendrier affectif, la série devient elle-même un rendez-vous mémoriel. La nostalgie du passé reconstitué se mêle à celle du présent : les spectateurs regardent la fin en se souvenant de la découverte de la série près de dix ans plus tôt. Avec le slogan « One last adventure », Stranger Things célèbre sa conclusion à l’échelle mondiale. Événements participatifs, animations urbaines, expériences physiques et virtuelles accompagnent la fin du récit. La série s’achève, mais son imaginaire, lui, s’installe dans la durée, prolongé par des projets dérivés comme la pièce The First Shadow ou la série animée Chroniques de 1985. Stranger Things quitte l’écran, mais s’inscrit définitivement dans la postérité culturelle.</p><hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></itunes:summary>
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			<title>La surveillance par IA cause l’arrestation d’innocents ?</title>
			<itunes:title>La surveillance par IA cause l’arrestation d’innocents ?</itunes:title>
			<pubDate>Tue, 03 Feb 2026 18:00:00 GMT</pubDate>
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			<itunes:subtitle>Plus spécifiquement, des enfants dans les écoles.</itunes:subtitle>
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			<description><![CDATA[<p>Aujourd’hui, l’intelligence artificielle ne se contente plus de recommander des films ou d’optimiser le trafic. Elle observe. Partout. Sur les routes, dans les supermarchés… et désormais dans les écoles. Aux États-Unis, certains établissements surveillent même les conversations en ligne des élèves, à la recherche du moindre signe de violence potentielle.</p><br><p>L’objectif affiché est clair : prévenir les drames avant qu’ils ne surviennent. Mais derrière cette promesse de sécurité, un autre phénomène apparaît. Ces systèmes seraient si sensibles qu’ils déclenchent des alertes en cascade — et parfois des conséquences très lourdes pour des adolescents qui n’avaient, au départ, rien d’un danger public. Une enquête récente du Milwaukee Independent met en lumière cette dérive. Le média a analysé l’usage de logiciels de surveillance déployés dans plusieurs districts scolaires américains pour scruter les e-mails, discussions en ligne et recherches effectuées sur les ordinateurs de l’école. Ces outils traquent des mots-clés liés à la violence, au suicide ou aux menaces. Résultat : un nombre impressionnant d’alertes… mais très peu de véritables menaces.</p><br><p>En Floride, dans le comté de Polk, Gaggle a repéré environ 500 élèves en quatre ans. À la clé : au moins 72 enfants arrêtés ou hospitalisés de force sous le régime du Baker Act, une loi qui permet l’internement psychiatrique involontaire lorsqu’une personne est considérée comme un danger pour elle-même ou pour autrui. Pour Sam Boyd, avocat au Southern Poverty Law Center, ces interventions laissent des traces durables. Beaucoup d’enfants décrivent ces examens forcés comme des expériences traumatisantes, qui aggravent leur situation plutôt que de les aider. Et souvent, les élèves ignorent tout du dispositif. Ils ne savent pas que leurs e-mails, leurs messages ou leurs recherches sont surveillés. Encore moins qu’une phrase maladroite peut déclencher l’intervention des forces de l’ordre.</p><hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></description>
			<itunes:summary><![CDATA[<p>Aujourd’hui, l’intelligence artificielle ne se contente plus de recommander des films ou d’optimiser le trafic. Elle observe. Partout. Sur les routes, dans les supermarchés… et désormais dans les écoles. Aux États-Unis, certains établissements surveillent même les conversations en ligne des élèves, à la recherche du moindre signe de violence potentielle.</p><br><p>L’objectif affiché est clair : prévenir les drames avant qu’ils ne surviennent. Mais derrière cette promesse de sécurité, un autre phénomène apparaît. Ces systèmes seraient si sensibles qu’ils déclenchent des alertes en cascade — et parfois des conséquences très lourdes pour des adolescents qui n’avaient, au départ, rien d’un danger public. Une enquête récente du Milwaukee Independent met en lumière cette dérive. Le média a analysé l’usage de logiciels de surveillance déployés dans plusieurs districts scolaires américains pour scruter les e-mails, discussions en ligne et recherches effectuées sur les ordinateurs de l’école. Ces outils traquent des mots-clés liés à la violence, au suicide ou aux menaces. Résultat : un nombre impressionnant d’alertes… mais très peu de véritables menaces.</p><br><p>En Floride, dans le comté de Polk, Gaggle a repéré environ 500 élèves en quatre ans. À la clé : au moins 72 enfants arrêtés ou hospitalisés de force sous le régime du Baker Act, une loi qui permet l’internement psychiatrique involontaire lorsqu’une personne est considérée comme un danger pour elle-même ou pour autrui. Pour Sam Boyd, avocat au Southern Poverty Law Center, ces interventions laissent des traces durables. Beaucoup d’enfants décrivent ces examens forcés comme des expériences traumatisantes, qui aggravent leur situation plutôt que de les aider. Et souvent, les élèves ignorent tout du dispositif. Ils ne savent pas que leurs e-mails, leurs messages ou leurs recherches sont surveillés. Encore moins qu’une phrase maladroite peut déclencher l’intervention des forces de l’ordre.</p><hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></itunes:summary>
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			<title>L’éco-score va-t-il bouleverser l’industrie textile ?</title>
			<itunes:title>L’éco-score va-t-il bouleverser l’industrie textile ?</itunes:title>
			<pubDate>Sun, 01 Feb 2026 18:00:00 GMT</pubDate>
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			<itunes:subtitle>Les vêtements seront notés de A à E, comme pour la nourriture.</itunes:subtitle>
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			<description><![CDATA[<p>L’idée peut paraître simple, presque évidente : afficher sur les vêtements un éco-score, à la manière du Nutri-Score pour l’alimentation. Un code clair, de A à E, pour indiquer l’impact environnemental d’un t-shirt, d’un jean ou d’une robe. Mais une question demeure : cet affichage peut-il réellement changer nos comportements d’achat ? Et surtout, sommes-nous prêts à payer plus cher pour des vêtements plus respectueux de l’environnement ?</p><br><p>Le sujet est loin d’être anecdotique. L’industrie textile est aujourd’hui l’une des plus polluantes au monde. Elle serait responsable d’environ 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre et de 20 % de la pollution de l’eau potable, selon l’Agence européenne pour l’environnement. Pourtant, contrairement à l’alimentation ou à l’électroménager, il n’existe pas encore de système d’étiquetage environnemental universel et largement reconnu pour les vêtements. Pour combler ce vide, Agence de la transition écologique a lancé une expérimentation d’éco-score textile, dans le cadre de la loi Climat et résilience. L’objectif est clair : fournir une information simple et synthétique permettant d’identifier les produits les plus vertueux. Mais l’efficacité d’un tel dispositif restait à démontrer.</p><br><p>C’est précisément ce qu’ont cherché à mesurer des chercheurs dans une étude menée auprès de consommateurs de prêt-à-porter. Dans un premier temps, 136 clients ont été interrogés dans deux magasins d’une même enseigne. Puis, une expérimentation en ligne a été conduite auprès de 277 personnes, à travers six scénarios : cinq éco-scores allant de A — très favorable — à E — très défavorable — et un scénario sans aucun score. L’objectif : observer si ces informations modifiaient la propension des consommateurs à accepter un surprix, c’est-à-dire un prix plus élevé, pour un vêtement plus durable.</p><br><p>L’étude montre un paradoxe important : plus les consommateurs se sentent coupables, moins ils sont disposés à payer un surprix. Un affichage environnemental positif — A ou B — permet donc à la fois de valoriser les efforts réels des marques et de réduire la culpabilité associée à l’acte d’achat, favorisant ainsi des choix plus responsables. Ce constat intervient dans un contexte de fast-fashion en pleine explosion. Certaines plateformes, comme Shein, ont connu des croissances spectaculaires, dépassant 50 % en un an. Face à cette accélération, l’éco-score pourrait aussi jouer un rôle dissuasif, en exposant clairement les pratiques les moins vertueuses. L’absence d’étiquette devient alors, elle aussi, suspecte : ne rien dire peut être interprété comme une volonté de cacher.</p><br><p>La généralisation d’un éco-score textile pourrait ainsi devenir un levier puissant : pour guider les consommateurs vers des choix plus éclairés, et pour inciter les marques à repenser leurs chaînes de production. À condition, toutefois, que la transparence soit réelle — volontairement ou sous contrainte. Car sans règles claires, même la meilleure étiquette reste lettre morte.</p><br><p><a href="https://editions-ems.fr/boutique/decisions-marketing-n120/" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Source</a></p><hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></description>
			<itunes:summary><![CDATA[<p>L’idée peut paraître simple, presque évidente : afficher sur les vêtements un éco-score, à la manière du Nutri-Score pour l’alimentation. Un code clair, de A à E, pour indiquer l’impact environnemental d’un t-shirt, d’un jean ou d’une robe. Mais une question demeure : cet affichage peut-il réellement changer nos comportements d’achat ? Et surtout, sommes-nous prêts à payer plus cher pour des vêtements plus respectueux de l’environnement ?</p><br><p>Le sujet est loin d’être anecdotique. L’industrie textile est aujourd’hui l’une des plus polluantes au monde. Elle serait responsable d’environ 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre et de 20 % de la pollution de l’eau potable, selon l’Agence européenne pour l’environnement. Pourtant, contrairement à l’alimentation ou à l’électroménager, il n’existe pas encore de système d’étiquetage environnemental universel et largement reconnu pour les vêtements. Pour combler ce vide, Agence de la transition écologique a lancé une expérimentation d’éco-score textile, dans le cadre de la loi Climat et résilience. L’objectif est clair : fournir une information simple et synthétique permettant d’identifier les produits les plus vertueux. Mais l’efficacité d’un tel dispositif restait à démontrer.</p><br><p>C’est précisément ce qu’ont cherché à mesurer des chercheurs dans une étude menée auprès de consommateurs de prêt-à-porter. Dans un premier temps, 136 clients ont été interrogés dans deux magasins d’une même enseigne. Puis, une expérimentation en ligne a été conduite auprès de 277 personnes, à travers six scénarios : cinq éco-scores allant de A — très favorable — à E — très défavorable — et un scénario sans aucun score. L’objectif : observer si ces informations modifiaient la propension des consommateurs à accepter un surprix, c’est-à-dire un prix plus élevé, pour un vêtement plus durable.</p><br><p>L’étude montre un paradoxe important : plus les consommateurs se sentent coupables, moins ils sont disposés à payer un surprix. Un affichage environnemental positif — A ou B — permet donc à la fois de valoriser les efforts réels des marques et de réduire la culpabilité associée à l’acte d’achat, favorisant ainsi des choix plus responsables. Ce constat intervient dans un contexte de fast-fashion en pleine explosion. Certaines plateformes, comme Shein, ont connu des croissances spectaculaires, dépassant 50 % en un an. Face à cette accélération, l’éco-score pourrait aussi jouer un rôle dissuasif, en exposant clairement les pratiques les moins vertueuses. L’absence d’étiquette devient alors, elle aussi, suspecte : ne rien dire peut être interprété comme une volonté de cacher.</p><br><p>La généralisation d’un éco-score textile pourrait ainsi devenir un levier puissant : pour guider les consommateurs vers des choix plus éclairés, et pour inciter les marques à repenser leurs chaînes de production. À condition, toutefois, que la transparence soit réelle — volontairement ou sous contrainte. Car sans règles claires, même la meilleure étiquette reste lettre morte.</p><br><p><a href="https://editions-ems.fr/boutique/decisions-marketing-n120/" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Source</a></p><hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></itunes:summary>
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			<title>Labubus, des poupées tendances à la production inquiétante ?</title>
			<itunes:title>Labubus, des poupées tendances à la production inquiétante ?</itunes:title>
			<pubDate>Thu, 29 Jan 2026 18:00:00 GMT</pubDate>
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			<itunes:subtitle>Une ONG assure que les travailleurs sont exploités en Chine.</itunes:subtitle>
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			<description><![CDATA[<p>Vous les avez peut-être déjà vus. De petites créatures à l’air de gremlin, dents pointues et regard malicieux, devenues en quelques années des objets de culte. Les poupées Labubu se vendent dans le monde entier, souvent sous forme de « blind boxes » : on achète sans savoir exactement ce qu’on va obtenir. À une vingtaine de dollars la boîte, parfois jusqu’à 10 000 dollars sur le marché secondaire pour les modèles les plus rares, la fièvre Labubu rappelle celle des Beanie Babies dans les années 1990. Mais derrière ce succès mondial, une autre histoire commence à émerger.</p><br><p>Une enquête menée par l’ONG China Labor Watch, spécialisée dans la défense des droits des travailleurs en Chine, met en cause les conditions de fabrication de ces jouets devenus viraux. Selon l’organisation, l’un des principaux fournisseurs de Labubu aurait recours à des pratiques d’exploitation du travail dans une usine du sud de la Chine. L’usine en question est exploitée par Shunjia Toys Co Ltd, un fabricant basé dans les provinces du Guangdong et du Jiangxi, et présenté comme un fournisseur clé — voire un site de production central — pour les jouets Labubu. D’après China Labor Watch, le site emploierait plus de 4 500 travailleurs. L’ONG affirme y avoir conduit une enquête approfondie, reposant sur 51 entretiens en face-à-face avec des employés, ainsi que sur l’analyse de documents internes.</p><br><p>Les conclusions sont sévères. Les enquêteurs évoquent des heures supplémentaires excessives, parfois en violation de la législation chinoise, des contrats de travail incomplets ou signés en blanc, et l’absence de congés payés pour certains salariés. Ils dénoncent aussi un manque de formation à la sécurité, des protections insuffisantes sur les postes de travail et des conditions de vie et de restauration jugées préoccupantes.</p><br><p>Contacté, Pop Mart, le groupe chinois à l’origine de la marque Labubu, affirme prendre ces accusations au sérieux. L’entreprise indique avoir ouvert une enquête interne et assure qu’elle exigera des corrections immédiates si les faits sont avérés. Pop Mart rappelle également qu’elle procède à des audits réguliers de ses fournisseurs, incluant des inspections annuelles menées par des organismes indépendants reconnus à l’international. Shunjia Toys, de son côté, n’a pas répondu aux sollicitations de la BBC ni de The Guardian.</p><br><p>Le contraste est d’autant plus frappant que le succès économique de Labubu est spectaculaire. Portée par des files d’attente devant les boutiques, des vidéos virales et des soutiens de célébrités comme Kim Kardashian ou Lisa, du groupe Blackpink, Pop Mart a vu ses revenus exploser. Les ventes de produits en peluche auraient bondi de plus de 1 200 % en un an, représentant désormais près de la moitié du chiffre d’affaires du groupe. L’entreprise vise plus de 4 milliards de dollars de revenus en 2025.</p><p>Les accusations visant Shunjia Toys s’inscrivent dans un contexte plus large. Les violations des droits du travail dans certaines chaînes de production chinoises sont régulièrement documentées, tout comme les soupçons de travail forcé dans certaines régions du pays. Mais ici, l’affaire touche une marque emblématique de la culture pop mondiale, symbole d’un divertissement ludique et innocent.</p><br><p><a href="https://chinalaborwatch.org/labubu-unboxed-the-labor-behind-the-global-toy-phenomenon/" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Rapport de China Labor Watch</a></p><hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></description>
			<itunes:summary><![CDATA[<p>Vous les avez peut-être déjà vus. De petites créatures à l’air de gremlin, dents pointues et regard malicieux, devenues en quelques années des objets de culte. Les poupées Labubu se vendent dans le monde entier, souvent sous forme de « blind boxes » : on achète sans savoir exactement ce qu’on va obtenir. À une vingtaine de dollars la boîte, parfois jusqu’à 10 000 dollars sur le marché secondaire pour les modèles les plus rares, la fièvre Labubu rappelle celle des Beanie Babies dans les années 1990. Mais derrière ce succès mondial, une autre histoire commence à émerger.</p><br><p>Une enquête menée par l’ONG China Labor Watch, spécialisée dans la défense des droits des travailleurs en Chine, met en cause les conditions de fabrication de ces jouets devenus viraux. Selon l’organisation, l’un des principaux fournisseurs de Labubu aurait recours à des pratiques d’exploitation du travail dans une usine du sud de la Chine. L’usine en question est exploitée par Shunjia Toys Co Ltd, un fabricant basé dans les provinces du Guangdong et du Jiangxi, et présenté comme un fournisseur clé — voire un site de production central — pour les jouets Labubu. D’après China Labor Watch, le site emploierait plus de 4 500 travailleurs. L’ONG affirme y avoir conduit une enquête approfondie, reposant sur 51 entretiens en face-à-face avec des employés, ainsi que sur l’analyse de documents internes.</p><br><p>Les conclusions sont sévères. Les enquêteurs évoquent des heures supplémentaires excessives, parfois en violation de la législation chinoise, des contrats de travail incomplets ou signés en blanc, et l’absence de congés payés pour certains salariés. Ils dénoncent aussi un manque de formation à la sécurité, des protections insuffisantes sur les postes de travail et des conditions de vie et de restauration jugées préoccupantes.</p><br><p>Contacté, Pop Mart, le groupe chinois à l’origine de la marque Labubu, affirme prendre ces accusations au sérieux. L’entreprise indique avoir ouvert une enquête interne et assure qu’elle exigera des corrections immédiates si les faits sont avérés. Pop Mart rappelle également qu’elle procède à des audits réguliers de ses fournisseurs, incluant des inspections annuelles menées par des organismes indépendants reconnus à l’international. Shunjia Toys, de son côté, n’a pas répondu aux sollicitations de la BBC ni de The Guardian.</p><br><p>Le contraste est d’autant plus frappant que le succès économique de Labubu est spectaculaire. Portée par des files d’attente devant les boutiques, des vidéos virales et des soutiens de célébrités comme Kim Kardashian ou Lisa, du groupe Blackpink, Pop Mart a vu ses revenus exploser. Les ventes de produits en peluche auraient bondi de plus de 1 200 % en un an, représentant désormais près de la moitié du chiffre d’affaires du groupe. L’entreprise vise plus de 4 milliards de dollars de revenus en 2025.</p><p>Les accusations visant Shunjia Toys s’inscrivent dans un contexte plus large. Les violations des droits du travail dans certaines chaînes de production chinoises sont régulièrement documentées, tout comme les soupçons de travail forcé dans certaines régions du pays. Mais ici, l’affaire touche une marque emblématique de la culture pop mondiale, symbole d’un divertissement ludique et innocent.</p><br><p><a href="https://chinalaborwatch.org/labubu-unboxed-the-labor-behind-the-global-toy-phenomenon/" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Rapport de China Labor Watch</a></p><hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></itunes:summary>
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			<title>Polymarket, le site où l’on peut parier sur tout ?</title>
			<itunes:title>Polymarket, le site où l’on peut parier sur tout ?</itunes:title>
			<pubDate>Tue, 27 Jan 2026 18:00:00 GMT</pubDate>
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			<itunes:subtitle>On appelle cela, les marchés prédictifs (interdits en France).</itunes:subtitle>
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			<description><![CDATA[<p>Certains parient sur un match de football, d’autres sur l’inflation ou la prochaine décision d’une banque centrale. Et puis il y a ceux qui vont plus loin : miser sur une guerre, sur la chute d’une ville, sur un cessez-le-feu ou une escalade nucléaire. Depuis quelques années, ce type de pari s’est installé sur Internet. Et il connaît une croissance fulgurante. Ces plateformes s’appellent des « marchés prédictifs ». Ce ne sont pas exactement des sites de paris traditionnels, mais des dispositifs de spéculation collective. </p><br><p>Le principe est simple : les participants achètent et vendent des contrats liés à un événement futur très précis — une élection, une signature d’accord, la prise d’un territoire. Plus un scénario paraît probable, plus le contrat est recherché, et plus son prix augmente. Quand l’événement est tranché, autrement dit, quand il a lieu ou à l’inverse, qu’il n’a pas lieu, le marché se clôt : les contrats gagnants sont payés, les autres ne valent plus rien. Les gains se font donc sur l’anticipation.</p><br><p>Certains marchés brassent des dizaines de millions de dollars. Polymarket, l’un des acteurs majeurs, a été fondé en 2020 par Shayne Coplan. La plateforme permet de miser en cryptomonnaies sur la politique, le sport, la finance ou la culture. Son succès a explosé après l’élection présidentielle américaine de 2024, au point que certains ont affirmé que ces marchés étaient parfois plus fiables que les sondages dans des États clés. Cette dynamique s’inscrit aussi dans l’essor général des cryptomonnaies.</p><p>Mais ce nouvel écosystème a déjà révélé ses dérives. Un exemple, assez absurde en apparence : un pari sur le fait que Volodymyr Zelensky porterait un costume avant juillet 2025. La question semblait simple. Elle ne l’était pas. Qu’est-ce qu’un costume ? La définition varie selon les critères techniques ou sociaux. Résultat : malgré plus de 240 millions de dollars échangés, le débat s’est poursuivi longtemps après la clôture du pari.</p><br><p>Puis est venu l’épisode de Myrhorod. Les joueurs devaient prédire la capture de la ville par l’armée russe, en s’appuyant sur une carte d’un think tank militaire. Juste avant la fin du marché, une mise à jour a brièvement suggéré une avancée russe : les gains ont été versés. Peu après, la carte a été corrigée. L’institut a dénoncé l’usage spéculatif de ses données, et les outils de cartographie ont été retirés. L’incident illustre la zone grise dans laquelle évoluent ces marchés.</p><br><p>Au fond, la question est simple : comment en est-on arrivé à « jouer » avec la guerre ? Une partie de la réponse tient à la culture du pari, très différente selon les pays. </p><hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></description>
			<itunes:summary><![CDATA[<p>Certains parient sur un match de football, d’autres sur l’inflation ou la prochaine décision d’une banque centrale. Et puis il y a ceux qui vont plus loin : miser sur une guerre, sur la chute d’une ville, sur un cessez-le-feu ou une escalade nucléaire. Depuis quelques années, ce type de pari s’est installé sur Internet. Et il connaît une croissance fulgurante. Ces plateformes s’appellent des « marchés prédictifs ». Ce ne sont pas exactement des sites de paris traditionnels, mais des dispositifs de spéculation collective. </p><br><p>Le principe est simple : les participants achètent et vendent des contrats liés à un événement futur très précis — une élection, une signature d’accord, la prise d’un territoire. Plus un scénario paraît probable, plus le contrat est recherché, et plus son prix augmente. Quand l’événement est tranché, autrement dit, quand il a lieu ou à l’inverse, qu’il n’a pas lieu, le marché se clôt : les contrats gagnants sont payés, les autres ne valent plus rien. Les gains se font donc sur l’anticipation.</p><br><p>Certains marchés brassent des dizaines de millions de dollars. Polymarket, l’un des acteurs majeurs, a été fondé en 2020 par Shayne Coplan. La plateforme permet de miser en cryptomonnaies sur la politique, le sport, la finance ou la culture. Son succès a explosé après l’élection présidentielle américaine de 2024, au point que certains ont affirmé que ces marchés étaient parfois plus fiables que les sondages dans des États clés. Cette dynamique s’inscrit aussi dans l’essor général des cryptomonnaies.</p><p>Mais ce nouvel écosystème a déjà révélé ses dérives. Un exemple, assez absurde en apparence : un pari sur le fait que Volodymyr Zelensky porterait un costume avant juillet 2025. La question semblait simple. Elle ne l’était pas. Qu’est-ce qu’un costume ? La définition varie selon les critères techniques ou sociaux. Résultat : malgré plus de 240 millions de dollars échangés, le débat s’est poursuivi longtemps après la clôture du pari.</p><br><p>Puis est venu l’épisode de Myrhorod. Les joueurs devaient prédire la capture de la ville par l’armée russe, en s’appuyant sur une carte d’un think tank militaire. Juste avant la fin du marché, une mise à jour a brièvement suggéré une avancée russe : les gains ont été versés. Peu après, la carte a été corrigée. L’institut a dénoncé l’usage spéculatif de ses données, et les outils de cartographie ont été retirés. L’incident illustre la zone grise dans laquelle évoluent ces marchés.</p><br><p>Au fond, la question est simple : comment en est-on arrivé à « jouer » avec la guerre ? Une partie de la réponse tient à la culture du pari, très différente selon les pays. </p><hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></itunes:summary>
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			<title>Un géant du CAC40 Aide l’ICE à traquer les migrants ?</title>
			<itunes:title>Un géant du CAC40 Aide l’ICE à traquer les migrants ?</itunes:title>
			<pubDate>Sun, 25 Jan 2026 18:00:00 GMT</pubDate>
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			<itunes:subtitle>Capgemini assure avoir un contrat de longue date avec la police américaine.</itunes:subtitle>
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			<description><![CDATA[<p>Le 7 janvier dernier, à Minneapolis, une femme nommée Renee Good a été abattue par un agent fédéral. Le tireur appartenait à l’ICE, l’Immigration and Customs Enforcement, la police américaine chargée du contrôle des frontières et de l’expulsion des sans-papiers. Ce drame a ravivé une polémique qui ne faiblit plus aux États-Unis : celle des méthodes de cette agence, accusée par de nombreuses associations de fonctionner comme une force quasi paramilitaire, multipliant interventions brutales et contrôles arbitraires.</p><br><p>L’agence n’est pourtant pas nouvelle. Elle a été créée sous l’administration Bush, après les attentats du 11 septembre 2001, dans le cadre du vaste dispositif de sécurité intérieure. Mais aujourd’hui, ses moyens financiers ont changé d’échelle. Son budget annuel, estimé à un peu plus de 9 milliards de dollars en 2025, devrait grimper à 11 milliards en 2026. Derrière ces chiffres, il y a toute une économie. Car cette manne profite à un vaste réseau d’entreprises privées qui fournissent équipements, services numériques, centres de détention ou transports. Autrement dit, la politique migratoire est devenue un véritable marché.</p><br><p>Parmi ces prestataires, un nom surprend côté français : Capgemini, fleuron du CAC 40. Sa filiale américaine, Capgemini Government Solutions, vient de décrocher un nouveau contrat de 4,8 millions de dollars avec l’ICE. Objet du marché : fournir des services dits de « skip tracing », c’est-à-dire des recherches approfondies pour localiser des personnes à l’échelle nationale. En clair, aider à retrouver des individus recherchés en vue d’arrestation ou d’expulsion.</p><br><p>Ce n’est pas un coup d’essai. D’après les bases de données gouvernementales américaines, Capgemini collabore avec l’ICE depuis au moins 2007, avec des contrats parfois chiffrés en dizaines de millions de dollars. Ses prestations vont de la planification logistique des détentions — par exemple le nombre de lits nécessaires dans les centres — jusqu’au support informatique. Sur son site web, l’entreprise s’est même félicitée d’aider l’agence à « minimiser le temps et le coût de la déportation des étrangers illégaux ».</p><hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></description>
			<itunes:summary><![CDATA[<p>Le 7 janvier dernier, à Minneapolis, une femme nommée Renee Good a été abattue par un agent fédéral. Le tireur appartenait à l’ICE, l’Immigration and Customs Enforcement, la police américaine chargée du contrôle des frontières et de l’expulsion des sans-papiers. Ce drame a ravivé une polémique qui ne faiblit plus aux États-Unis : celle des méthodes de cette agence, accusée par de nombreuses associations de fonctionner comme une force quasi paramilitaire, multipliant interventions brutales et contrôles arbitraires.</p><br><p>L’agence n’est pourtant pas nouvelle. Elle a été créée sous l’administration Bush, après les attentats du 11 septembre 2001, dans le cadre du vaste dispositif de sécurité intérieure. Mais aujourd’hui, ses moyens financiers ont changé d’échelle. Son budget annuel, estimé à un peu plus de 9 milliards de dollars en 2025, devrait grimper à 11 milliards en 2026. Derrière ces chiffres, il y a toute une économie. Car cette manne profite à un vaste réseau d’entreprises privées qui fournissent équipements, services numériques, centres de détention ou transports. Autrement dit, la politique migratoire est devenue un véritable marché.</p><br><p>Parmi ces prestataires, un nom surprend côté français : Capgemini, fleuron du CAC 40. Sa filiale américaine, Capgemini Government Solutions, vient de décrocher un nouveau contrat de 4,8 millions de dollars avec l’ICE. Objet du marché : fournir des services dits de « skip tracing », c’est-à-dire des recherches approfondies pour localiser des personnes à l’échelle nationale. En clair, aider à retrouver des individus recherchés en vue d’arrestation ou d’expulsion.</p><br><p>Ce n’est pas un coup d’essai. D’après les bases de données gouvernementales américaines, Capgemini collabore avec l’ICE depuis au moins 2007, avec des contrats parfois chiffrés en dizaines de millions de dollars. Ses prestations vont de la planification logistique des détentions — par exemple le nombre de lits nécessaires dans les centres — jusqu’au support informatique. Sur son site web, l’entreprise s’est même félicitée d’aider l’agence à « minimiser le temps et le coût de la déportation des étrangers illégaux ».</p><hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></itunes:summary>
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			<title>L’Etat s’accapare toutes nos données personnelles ?</title>
			<itunes:title>L’Etat s’accapare toutes nos données personnelles ?</itunes:title>
			<pubDate>Thu, 22 Jan 2026 18:00:00 GMT</pubDate>
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			<itunes:subtitle>Et la police contourne les restrictions pour les consulter.</itunes:subtitle>
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			<description><![CDATA[<p>Quand vous tendez votre visage à l’objectif et posez vos doigts sur le capteur pour demander une carte d’identité ou un passeport, vous pensez accomplir une formalité administrative banale. Pourtant, ce geste anodin engage bien plus que vous ne l’imaginez. Ces données — photographie et empreintes digitales — sont stockées dans un fichier centralisé de l’État : le fichier des titres électroniques sécurisés, le fameux TES. Officiellement, il sert uniquement à fabriquer et délivrer vos papiers d’identité. Officieusement, selon une enquête documentée de La Quadrature du Net, ce fichier est aujourd’hui détourné par la police pour identifier des personnes dans des enquêtes judiciaires. Une pratique interdite par la loi, mais bien réelle.</p><br><p>Ce dossier dépasse le seul fichier TES. Il révèle une logique plus vaste : celle d’un État qui accumule des données, multiplie les fichiers — plus d’une centaine aujourd’hui — et banalise leur utilisation au nom de l’efficacité. Les conséquences sont bien réelles : contrôles, refus d’emplois, sanctions administratives, parfois sans que les personnes concernées ne sachent même qu’elles sont fichées.</p><br><p><br></p><p><a href="https://www.laquadrature.net/2025/11/24/la-police-detourne-le-fichier-des-passeports-et-des-cartes-didentite/" rel="noopener noreferrer" target="_blank">L'Enquête de la Quadrature du Net</a></p><hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></description>
			<itunes:summary><![CDATA[<p>Quand vous tendez votre visage à l’objectif et posez vos doigts sur le capteur pour demander une carte d’identité ou un passeport, vous pensez accomplir une formalité administrative banale. Pourtant, ce geste anodin engage bien plus que vous ne l’imaginez. Ces données — photographie et empreintes digitales — sont stockées dans un fichier centralisé de l’État : le fichier des titres électroniques sécurisés, le fameux TES. Officiellement, il sert uniquement à fabriquer et délivrer vos papiers d’identité. Officieusement, selon une enquête documentée de La Quadrature du Net, ce fichier est aujourd’hui détourné par la police pour identifier des personnes dans des enquêtes judiciaires. Une pratique interdite par la loi, mais bien réelle.</p><br><p>Ce dossier dépasse le seul fichier TES. Il révèle une logique plus vaste : celle d’un État qui accumule des données, multiplie les fichiers — plus d’une centaine aujourd’hui — et banalise leur utilisation au nom de l’efficacité. Les conséquences sont bien réelles : contrôles, refus d’emplois, sanctions administratives, parfois sans que les personnes concernées ne sachent même qu’elles sont fichées.</p><br><p><br></p><p><a href="https://www.laquadrature.net/2025/11/24/la-police-detourne-le-fichier-des-passeports-et-des-cartes-didentite/" rel="noopener noreferrer" target="_blank">L'Enquête de la Quadrature du Net</a></p><hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></itunes:summary>
		</item>
		<item>
			<title>﻿Des milliers de décharges « oubliées » menacent l’Europe ?</title>
			<itunes:title>﻿Des milliers de décharges « oubliées » menacent l’Europe ?</itunes:title>
			<pubDate>Tue, 20 Jan 2026 18:00:00 GMT</pubDate>
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			<description><![CDATA[<p>En Europe, des milliers de décharges oubliées continuent de hanter les paysages… et de polluer silencieusement. Selon une vaste enquête menée par Reporterre avec The Guardian, Investigate Europe et Watershed Investigations, au moins 28 % de ces anciens dépôts de déchets seraient situés en zones inondables. Un chiffre alarmant, quand on sait que ces sites relarguent métaux lourds, microplastiques et substances toxiques dans l’eau et les sols.</p><br><p>Une étude de 2021 estime qu’il pourrait exister jusqu’à 500 000 décharges oubliées en Europe. Faute de cartographie officielle fiable, des journalistes et chercheurs ont entrepris un travail inédit : croiser bases de données, enquêtes de terrain et prélèvements. Résultat : plus de 61 000 décharges géolocalisées, dont près d’un tiers exposées aux inondations. Un risque qui augmente avec le changement climatique, comme le rappelle Kate Spencer, professeure de géochimie environnementale à l’université Queen Mary de Londres : des dizaines de milliers de sites potentiellement non étanches peuvent contaminer les eaux souterraines, les rivières et, à terme, la chaîne alimentaire.</p><br><p>En France, l’ampleur est tout aussi préoccupante. En agrégeant différentes bases, les enquêteurs ont pu localiser précisément 23 400 décharges connues ou oubliées. À cela s’ajoutent environ 8 000 autres, dont la localisation exacte reste inconnue, même pour le BRGM. Selon les estimations, l’Hexagone compterait entre 35 000 et 105 000 décharges communales historiques, fermées entre 1994 et 2005. Une note confidentielle de l’époque de Valéry Giscard d’Estaing évoquait déjà 40 000 sites.</p><p>Jusqu’en 2005, beaucoup de communes se contentaient de « réhabiliter » ces décharges sous une simple couverture de terre, parfois sans réelle étanchéité, explique Hélène Roussel, cheffe de projet à l’Agence de la transition écologique. Aujourd’hui, avec la montée des eaux, les déchets refont surface. « Il faudrait dépolluer, et vite. Mais en dehors du littoral, aucun programme national n’est prévu », alerte-t-elle.</p><br><p>Le danger le plus immédiat s’appelle le lixiviat : un liquide toxique issu de la dégradation des déchets, chargé selon les cas de métaux lourds, microplastiques, amiante, PFAS — ces polluants persistants surnommés “polluants éternels” —, pesticides ou résidus médicamenteux. En cas de pluie ou d’inondation, ce cocktail s’infiltre dans les sols, les rivières, parfois jusque dans l’eau potable. En Europe, au moins 9 400 décharges seraient situées dans des zones de captage d’eau potable ; 2 300 en France. </p><br><p>Contactés, le ministère de la Transition écologique, la Commission européenne et le BRGM n’ont pas répondu aux questions.</p><br><p><br></p><p><a href="https://lesdecheticiens.fr/" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Les Déchéticiens</a></p><p><a href="https://www.frontiersin.org/journals/marine-science/articles/10.3389/fmars.2021.710342/full" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Rapport</a></p><p><a href="https://felt.com/embed/map/Europe-landfills-2-RbdzgM88SlGH4Nc3UPS3cB?loc=50.36,13.92,4.61z&amp;legend=1&amp;cooperativeGestures=1&amp;link=1&amp;geolocation=0&amp;zoomControls=1&amp;scaleBar=1" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Carte des décharges européennes</a></p><hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></description>
			<itunes:summary><![CDATA[<p>En Europe, des milliers de décharges oubliées continuent de hanter les paysages… et de polluer silencieusement. Selon une vaste enquête menée par Reporterre avec The Guardian, Investigate Europe et Watershed Investigations, au moins 28 % de ces anciens dépôts de déchets seraient situés en zones inondables. Un chiffre alarmant, quand on sait que ces sites relarguent métaux lourds, microplastiques et substances toxiques dans l’eau et les sols.</p><br><p>Une étude de 2021 estime qu’il pourrait exister jusqu’à 500 000 décharges oubliées en Europe. Faute de cartographie officielle fiable, des journalistes et chercheurs ont entrepris un travail inédit : croiser bases de données, enquêtes de terrain et prélèvements. Résultat : plus de 61 000 décharges géolocalisées, dont près d’un tiers exposées aux inondations. Un risque qui augmente avec le changement climatique, comme le rappelle Kate Spencer, professeure de géochimie environnementale à l’université Queen Mary de Londres : des dizaines de milliers de sites potentiellement non étanches peuvent contaminer les eaux souterraines, les rivières et, à terme, la chaîne alimentaire.</p><br><p>En France, l’ampleur est tout aussi préoccupante. En agrégeant différentes bases, les enquêteurs ont pu localiser précisément 23 400 décharges connues ou oubliées. À cela s’ajoutent environ 8 000 autres, dont la localisation exacte reste inconnue, même pour le BRGM. Selon les estimations, l’Hexagone compterait entre 35 000 et 105 000 décharges communales historiques, fermées entre 1994 et 2005. Une note confidentielle de l’époque de Valéry Giscard d’Estaing évoquait déjà 40 000 sites.</p><p>Jusqu’en 2005, beaucoup de communes se contentaient de « réhabiliter » ces décharges sous une simple couverture de terre, parfois sans réelle étanchéité, explique Hélène Roussel, cheffe de projet à l’Agence de la transition écologique. Aujourd’hui, avec la montée des eaux, les déchets refont surface. « Il faudrait dépolluer, et vite. Mais en dehors du littoral, aucun programme national n’est prévu », alerte-t-elle.</p><br><p>Le danger le plus immédiat s’appelle le lixiviat : un liquide toxique issu de la dégradation des déchets, chargé selon les cas de métaux lourds, microplastiques, amiante, PFAS — ces polluants persistants surnommés “polluants éternels” —, pesticides ou résidus médicamenteux. En cas de pluie ou d’inondation, ce cocktail s’infiltre dans les sols, les rivières, parfois jusque dans l’eau potable. En Europe, au moins 9 400 décharges seraient situées dans des zones de captage d’eau potable ; 2 300 en France. </p><br><p>Contactés, le ministère de la Transition écologique, la Commission européenne et le BRGM n’ont pas répondu aux questions.</p><br><p><br></p><p><a href="https://lesdecheticiens.fr/" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Les Déchéticiens</a></p><p><a href="https://www.frontiersin.org/journals/marine-science/articles/10.3389/fmars.2021.710342/full" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Rapport</a></p><p><a href="https://felt.com/embed/map/Europe-landfills-2-RbdzgM88SlGH4Nc3UPS3cB?loc=50.36,13.92,4.61z&amp;legend=1&amp;cooperativeGestures=1&amp;link=1&amp;geolocation=0&amp;zoomControls=1&amp;scaleBar=1" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Carte des décharges européennes</a></p><hr><p style='color:grey; font-size:0.75em;'> Hébergé par Acast. Visitez <a style='color:grey;' target='_blank' rel='noopener noreferrer' href='https://acast.com/privacy'>acast.com/privacy</a> pour plus d'informations.</p>]]></itunes:summary>
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